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LES CARICATURES ÉTRANGÈRES A PROPOS DU LOHENGRIN A PARIS

Cette fois les caricatures étrangères furent diverses et nombreuses; ici purement politiques, Tà considérant simplement la chose comme actualité théâtrale.

Et alors on vit s'étaler aux premières pages des journaux de Vienne, tantôt un nouveau Lohengrin à la mode moscovite, tantôt le véritable héros du jour, le ténor Van Dyck.

Au point de vue politique c'est toujours la même préoccupation : la Russie. Tout est franco-russe; donc inaugurons un Lohengrin franco-russe, botté, coiffé du bonnet cosaque, knout

en main et wutky en bandoulière. Caricatures amusantes à observer si l'on veut suivre les transformations que peut subir l'esprit d'une œuvre conçue dans un domaine purement idéal, en dehors de toute influence extérieure, suivant qu'elle se trouve aux prises avec les passions du moment.

En 1887, après l'affaire Schnœbelé, c'était Lohengrin-Borusse ;

en 1891, après Cronstadt, c'est Lohengrin-Moscovite.

Du reste, imagerie parlante, qui, après le Lohengrin musical enfin joué à l'Opéra, montre le Lohengrin politique (auquel ne pensait point Wagner), russifié sur les bords du Danube, pour les besoins de la cause.

Car c'est à Vienne surtout que ces compositions prirent naissance, tant les craintes de l'alliance franco-russe absorbaient les esprits. Excellente occasion dont les satiriques autrichiens s'emparèrent sans traduire avec leur esprit

— la, wenn der tume batte!

Lohengrin » solch ein cos-

— Oui, si Lohengrin portait seulement ce costume.

(Figaro de Vienne, 19 septembre 1891.)

plus attendre, et qu'ils surent habituel.

Les illustrés allemands, sobres de dessins en certaines matières, n'ont presque rien publié à ce propos. Un critique d'art de Berlin s'est même étonné de ce silence graphique; comme moi, il croit y voir la marque évidente d'une certaine indifférence pour tout ce qui touche au grand compositeur. Et cependant Wagner, s'il vivait, goûterait, aujourd'hui, la plus pure, la plus grande de toutes les joies, celle de l'artiste parvenu enfin à se faire applaudir et apprécier de ceux qui, autrefois, ne voulaient môme pas chercher à le comprendre.

Quant aux chiens aboyant après la lune, c'est chose naturelle

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