LE GÉN"' SPONTANÉ : WALTHER DE STOLZING
l'école des Maîtres Chanteurs déchaînés contre lui, se soumet sans résistance à l'autorité très douce mais très ferme de Hans Sachs, et se laisse guider docilement par cet ami en qui il devine instinctivement une sagesse bien supérieure à la sienne.
En face de Walther qui représente l'instinct, les Maîtres Chanteurs sont les défenseurs respectables mais bornes de la règle, de la convention, de la tradition. Ils sont pour la plupart de braves bourgeois vertueux, honorables et médiocres. Parfois leur sottise va jusqu'à la méchanceté. Le greffier municipal Sixtus Beckmesser n'est pas seulement le plus fieffé pédant de Nuremberg, mais, de plus, un intrigant vil et malhonnête. Ce vieux garçon prétentieux et sot est un personnage influent, qui a pignon sur rue, qui s'est faufilé dans le Conseil, qui dans la corporation des Maîtres Chanteurs, occupe le poste envié et délicat de Merker, c'est-à-dire de critique chargé de marquer à la craie sur un tableau noir les infractions aux règles sacrosaintes de la « tabulature » que laissent échapper lés chanteurs. Il n'en est pas moins un plat coquin, animé toujours des sentiments les plus bas et les plus vulgaires. Il prétend, malgré ses cinquante ans, à la main d'Éva dont il convoite la grosse dot, et comme il a moins de confiance dans ses dons personnels de séduction que dans son talent de Maître Chanteur, il regrette que Pogner ait laissé à sa fille le droit de refuser le vainqueur du concours poétique s'il lui déplaisait, et voudrait le persuader d'user de son autorité pour contraindre la pauvrette à épouser coûte que coûte le triomphateur. Il ressent la plus ignoble jalousie à l'égard de ceux qu'il considère comme des compétiteurs possibles à la main d'Éva, surtout contre Hans Sachs et Walther. Tous les moyens lui semblent bons pour arriver à ses fins; il n'éorouve même pas de scrupules à voler sur la
table de Hans Sachs une poésie fraîchement écrite et que le greffier croyait composée par le cordonnier-poète poui briguer au concours la main d'Eva. « Je n'ai encore rencontré personne d'aussi coniplètement méchant » dit de lui Hans Sachs. Et de fait Beckmesser serait parfaitement odieux et révoltant s'il n'était plus bête et plus grotesque encore que méchant, et si l'on ne devinait aussitôt, à le voir et à l'entendre, que sa suffisance et sa sottise l'empêcheront finalement de réussir dans ses projets indélicats. Mais Beckmesser est une exception parmi les Maîtres Chanteurs. Ils sont presque tous des hommes de tout point honorables, un peu infatués d'euxmêmes, aimant leurs aises, hostiles à toute nouveauté qui les dérange dans leurs habitudes, n'entendant rien à la poésie qui leur paraît un métier comme tous les autres et dont ils se croient, avec une candeur presque touchante mais très ridicule, les représentants attitrés sur terre. A leur tête brille l'orfèvre Pogner, brave et digne homme s'il en fut, très sincèrement épris de son art, puisqu'il offre de bon cœur sa fille et ses richesses au meilleur des Maîtres Chanteurs ; un peu vain peut-être, car s'il a institué ce tournoi poétique, c'est bien au fond par gloriole, pour montrer que les bourgeois ne sont pas tous des grippesous et qu'ils savent à l'occasion rivaliser de générosité avec les grands seigneurs ; — au demeurant, excellent père, car il ne souhaite en définitive rien tant que le bonheur de sa fille et serait désolé si, par sa faute, la pauvre Éva se voyait obligée d'épouser un prétendant qui ne lui convînt pas ou de rester fille. Tout au fond de lui-même, Pogner n'est pas très fier de sa grande idée quand il voit Walther de Stolzing, qui lui plairait comme gendre, repoussé par les Maîtres Chanteurs, et quand il se rend compte quil faudra peut-être
IJV TRADITION : BECKMESSER ET LES MAÎTRES 353
donner son Éva au quinquagénaire Beckmcsscr qu'elle exècre; volontiers il demanderait conseil à Hans Sachs s'il ne s'était pas déjà trop avancé pour pouvoir reculer. Et il se sent soulagé d'un grand poids lorsqu'il voit, au dénouement, sa fille mariée selon son cœur grâce au savoirfaire et à la ruse bienfaisante de Hans Sachs. — Ainsi Wagner ne se montre ni sévère ni injuste pour les représentants de la règle et des conventions sociales; il raille leurs travers et il flagelle leurs vices, mais sans amertume et sans parti pris; son drame ne tourne jamais au pamphlet révolutionnaire. Et s'il prend hautement le parti du génie contre la médiocrité envieuse et routinière, il sait cependant montrer avec un humour charmant tout ce qu'il y a de poésie gracieuse et touchante, de saine gaîté dans l'humble vie bourgeoise qui s'écoule modeste et bornée mais paisible et respectable à l'orabre tutélaire des vieux murs et des vieilles traditions. •
Le vrai sage, selon Wagner, n'est d'ailleurs pas le jeune révolutionnaire Walther, mais le cordonnier-poète Hans Sachs, le plus grand parmi les Maîtres Chanteurs, « le dernier représentant de l'esprit créateur et artistique du peuple » (i), qui rêve de concilier le génie avec la règle, l'instinct avec la tradition. Il est, à Nuremberg, le favori du peuple dont il possède la confiance et l'amour. Lui, de son côté, a foi dans le peuple. Tandis que les Maîtres, imbus de leur science pédantesque des règles, méprisent le vulgaire, veulent faire de l'art un divertissement de lettrés et déclarent hautainement : « Là où le peuple a la parole, je tiens la bouche close » (2), Sachs, au contraire, tout en respectant pieusement les règles et les traditions,
(1) Gcs. Schi'. /F, 284.
(2) Gcs. Schr. VII, 175.
LlCHTENBEPOF.R.
voudrait que de loin en loin le peuple fût admis à juger les œuvres des Maîtres : « Comprenez-moi bien! leur dil-il. Avouez que je connais à fond les règles et que depuis bien des années je n'ai pas épargné mes peines pour que la corporation garde pieusement le respect de la règle. Mais une fois l'an, il m« semblerait sage qu'on mît à l'épreuve les règles mêmes, afin de voir si, dans l'ornière de la coutume, leur force et leur vie ne se sont pas perdues : si vous êtes. encore sur la voie de la nature, celui-là seul pourra vous le dire qui ne sait rien de la tabulature » (i). Il trouverait équitable que dans le tournoi des Maîtres Chanteurs où doit se décider le sort d'Éva, ce fût le peuple qui décernât le prix. « Laissez, dit-il, le peuple prononcer le jugement; son choix sera sûiisment d'accord avec celui de l'enfant. » (2) Et de même qu'il a foi dans l'instinctive sagesse des simples, de même il devine aussi du premier coup le génie de Walther. Il le défend presque seul contre Beckmesser et les Maîtres Chanteurs qui, scandalisés par la hardiesse et la nouveauté de sa poésie, ne veulent pa^ lui laisser t^miner son chant d'essai. Il sait en effet que la tradition n'est pas tout, et qu'on ne peut juger la brillante improvisation du jeune chevalier daprès les règles étroites: de Ja tabulature : « Aucune règle ne s'appliquait, dit-il, el pourtant il n'y avait dans cette poésie nulle faute. C'était une vieille chanson, et pourtant si nouvelle, comme le chant des oiseaux dans le doux mois de mai. Qui l'entendrait, et, dans sa folie, voudrait chanter comme l'oiseau, ne récolterait que rires et moquerie. La douce loi du l>rintemps et de l'amour ont inspiré son cœur : il a chanté comme ia nécessité le lui commandait!.... Al'oiseau
(1) Ges. Sc/ir. VIT, 174 «.
{i) Ges. Schr. VII, 174.
n.VNS SACHS RÉCONCILIE LE GÉME ET LA TRADITION 355
(jiii aujourd'hui a chanté, Nature a donné un gosier harmonieux ; s'il a fait peur aux Maîtres, il a bien plu à Hans Sachs » (i). Le cordonnier-poète honore en Walther une manifestation éclatante de l'instinct poétique, de cet instinct qui sommeille confus au fond de i "âme obscure des simples et qui se fait jour avec une puissance tout élémentaire chez quelques natures d'élite, Néanmoins il sait que le génie lui-même ne j3eut se passer de la règle. « Adieu les Maîtres pour jamais ! » s'était écrié Walther en quittant l'école d'où le bannissait l'esprit borné des gardiens pédants de la règle. Hans Sachs ne l'entend pas ainsi. L'instinct poétique ne suffit pas pour faire un grand poète. Sans doute le printemps et l'amour inspirent au génie, pendant les belles années de la jeunesse, des chants immortels ; inais il doit apprendre de bonne heure aussi l'art conscient et réfléchi des Maîtres afin que, lorsque viendront l'âge et les soucis de la vie, lorsque le printemps et la passion ne chanteront plus pour lui , il conserve cependant, grâce au secours des règles, à toute époque et en toute saison, ce don divin des chants qu'il tient de la nature (2). Et Walther subit docilement l'ascendant de Hans Sachs. Il consent à plier sa libre inspiration aux exigences de la règle et dicte au cordonnier-poète un chant de concours où les formes traditionnelles de l'art des Maîtres sont à peu près resj>ectées. L'ne dernière fois, pourtant, son orgueil se révolte au dénouement quand Pogner, après le concours dont Walther est sorti vainqueur, lui offre une place parmi les rangs des Maîtres. Son premier mouvement est de refuser la dignité nouvelle qu'on veut lui conférer, de rendre aux Maîtres mépris pour mépris. Cette fois encore
!l] Ges. Schr VII, 237 s.
(2) Ges. Schr. VII, 197 s.
Hans Sachs intervient pour le ramener à de plus équitables sentiments ; il lui montre les dangers qui menacent l'empire allemand, la noblesse se séparant du peuple, oublieuse de sa langue maternelle, éblouie par l'art et les modes des Welsches, séduite par la culture qui fleurit de l'autre côté du Rhin. Contre cette invasion de l'étranger, il n'est pas de rempart plus sûr que l'art authentiquement national des vieux maîtres allemands. « C'est pourquoi je vous le dis : Honorez les Maîtres allemands : vous vous attacherez des génies bienfaisants, et si vous favorisez leur activité, quand bien même s'évanouirait en fumée le saint-empire romain, il nous resterait toujours le saint Art allemand ! » (i). Hans Sachs rêve de conciHer en une harmonieuse fraternité le génie avec la règle, le libre instinct du poète créateur avec le pieux respect d'une glorieuse tradition artistique.
Considérés sous cet aspect, les Maîtres Chanteurs nous apparaissent comme une sorte de satire esthétique et littéraire ; et le sentiment qui domine dans une pièce bâtie sur cette donnée est l'ironie. Cette ironie s'attaque, selon la remarque de Wagner (2), non pas aux erreurs et aux vices mêmes du temps présent, mais seulement aux formes particulières et conventionnelles- sous lesquelles se manifeste l'esprit vicié et corrompu de l'époque actuelle. Les Maîtres Chanteurs sont, à ce point de vue, la description pittoresque et comique des préjugés bourgeois, de la sottise suffisante et sûre d'elle-même," sous la forme particulière qu'ils revêtent à Nuremberg au temps de Hans Sachs. Un pareil sujet peut, au premier abord, sembler impropre à être traité sous forme de drame musical,
(0 Ges. Sch. VII. 270 t, (2) Ges. Schr. IV, 287.
LA SATIRE L1TTÉR.URE DANS LES >L\1TRES CHANTEURS . SoJ
car la musique est, comme nous l'avons vu, impuissante à décrire tout ce qui est contingent et conventionnel ; mais il faut remarquer qu'elle peut, du moins, décrire « ce qu'il y a d'éternellement humain dans le conventionnel », c'est-à-dire la tendance universelle et constante de l'esprit humain à formuler des lois — en art, en morale ou en politique — et à s'imaginer que ces lois, dont la valeur est éphémère et transitoire, sont quelque chose de sacré et de divin (i). En ce sens les ridicules de la mode et de la convention peuvent faire l'objet d'un drame musical. Il est certain toutefois qu'un sujet comme !3s Maîtres Chanteurs^ tant qu'on se borne à y voir une satire dirigée contre la médiocrité routinière de bourgeois sols et pédants, n'offre pas de grandes ressources à un musicien qui, conscient des limites de son art, ne veut pas tomber dans l'arbitraire. Ne nous étonnons donc pas si Wagner, tant qu'il ne vit pas autre chose dans ce sujet, se sentit peu attiré vers l'esquisse dramalique rapidement ébauchée en i845.
Ce qui le décida à reprendre son projet, ce fut la possibiUté, par lui aperçue, de superposer à la satire littéraire et sociale un drame humain qui se joue au fond du cœur de Hans Sachs. Ce drame est si intime et si caché qu'il apparaît à peine dans le texte même du poème et ne se révèle pour ainsi dire que par la musique. Il est pourtant d'une importance absolument capitale pour l'intelligence de la pièce à laquelle il donne une portée philosophique et poétique toute nouvelle. Dans la pièce de 1862 — et c'est en cela seulement qu'elle diffère de l'esquisse de 1845 — Hans Sachs n'est plus seulement un représentant de l'art populaire et national, un esprit sage et mo-
(1) Cliamherlniu, Das Draina R. Wagners, p. 87.
fléré qui travaille à concilier le génie et la tradition ; il devient en même temps un sage selon l'évangile de Schopenhauer, qui, par un effort héroïque de renoncement, atteint la plus haute perfection à laquelle peut parvenir l'homme (i).
Les Maîtres Chanteurs, lorsqu'on examine la pièce à ce point de vue, racontent la dernière tentation que doit surmonter Hans Sachs pour arriver à la suprême sagesse et la victoire intime, invisible, silencieuse qu'il remporte sur lui-même. Il y a dans l'âme de l'artisan-poète un coin de rêve. Sans l'avouer à personne, presque sans se l'avouer à ïui-même, il aime la jeunesse prête à s'épanouir d'Eva avec une tendresse plus émue que celle d'un père ou d'un ami. Sans doute il se défend de songer à l'épouser, lui un veuf sinon vieux, du moins mûr déjà ; il le déclare très nettement à Beckmesser qui craint en lui un concurrent : « Que non pas, Monsieur le Merker ! Le soupirant devra être fait d'un bois plus vert que vous et que moi si Évâ doit lui accorder le prix » (2). Il â, dès l'entrée en scène de Walther, pressenti l'amour d'Éva et du beau chevalier ; et il ne demande qu'une chose, c'est que la jeune fille puisse épouser celui pour qui son cœur aura parlé. Un instant cependant l'espoir semble Itii sourire : il peut se croire aimé. Éva ressent pour Hans Sâchs une profonde et sincère affection filiale ; si son c^jcur avait été libre, si le ciel n'avait pas en quelque sorte choisi pour eïïe en lui faisant rencontrer Walther, c'est Sachs à qui elle aurait de grand cœur donné le prix, entre tous les Maîtres, le jour du concours (3). Et voici que la
(1) g«r i'àctiôtt intéMëûre des Maîtres Chanteurs voir surtout GhaniberlaiQ, Dus D rama R Warniers p. 83 ?s. et R. Wanner, p. 257 ss.
m (iei. Schr. VII, 176.
(3) Éva dit elle-même à Sachs au 3« acte : « HatVich die Wa/il, mir dich erwàhW ich mit- : — Doch nun hat's mich gewàhlt zic nie gekannter
AMOUR DE HANS SACHS POUR lîVA 359
jeune fille vient trouver dans son échoppe le cordonnierpoète par qui elle voudrait savoir si Wallher a réussi son chant d'essai et pourra concourir le lendemain avec les Maîtres pour briguer sa main. Afin d'obtenir de lui le rcnsf'ignemenl qu'elle désire, elle se fait coquette, elle le flatte avec une innocente rouerie, elle cherche à lui faire croire qu'elle le verrait sans déplaisir sortir vainqueur du concours poétique qui décidera de son sort :
Éva. — « Un veuf ne pourrait-il réussir ?
Sachs. — Mon enfant, il serait trop vieux pour toi.
E. — Eh quoi, trop vieux ! L'art seul ici doit vaincre ; quiconque s'y entend peut briguer ma main.
S. — Éva, ma mignonne, tu me fais des contes bleus.
E. — Pas moi ! C'est vous qui me contez sornette. Avouez donc que vous êtes d'humeur changeante; Dieu sait qui a pris place aujourd'hui dans votre cœur ! ftloi qui croyais y régner depuis tant d'années.
S. — Sans doute parce que je te portais volontiers dans mes bras.
E. — Je le vois bien; c'était seulement parce que vous n'aviez pas d'enfants.
S. — Jadis j'eus moi aussi femme et enfants.
E. — Mais votre femme est morte — et moi, me voilà grande.
S. — Oui, grande et belle.
E. — Et c'est pourquoi j'avais pensé que vous me prendriez pour femme et enfant dans votre maison.
S. — Ainsi j'aurais tout à la fois un enfant et une femme : certes ce serait là un bien doux passe-
Quai ; tind werd' ich heut' vertndhlt, so tvar'$ ohn'alle Wahl. » {Ges, Schr. VII, 234).
temps! Oui, oui! tu as eu là une bien bonne idée... (i) ». Le cordonnier-poèle est ému, quoi qu'il en ait. Si pourtant le rêve secret de son âme allait se réaliser ! Mais sans rien laisser voir des sentiments qui l'agit'^nt (2), sans quitter le ton de badinage, il sonde adroitement le cœur d'Éva. Et bientôt la vérité lui apparaît : à peine a-t-il raconté l'échec de Walther et feint de prendre le parti des Maîtres contre lui, que la jeune fille trahit par son dépit et son indignation le secret de son cœur. Hans Sachs est dès lors fixé : renonçant aussitôt, sans un mot de plainte, à tout désir égoïste, il se met à travailler au bonheur d'Éva. « Mou enfant, dit-il plus tard à la jeune fille, de Tristan et d'Iseut, je sais une triste histoire : Hans Sachs fut sage et ne voulut pas du bonheur du roi Marc » (3). L'artisan-poète a renoncé comme le roi Marc, mais à temps et sans qu'il ait fallu une catastrophe pour l'éclairer; il s'est incliné sans mutile révolte, silencieux et résigné devant la loi naturelle qui veut que la jeunesse aille vers la jeunesse. Il a librement abdiqué toute aspiration vers le bonheur égoïste, atteignant ainsi cet état de suprême affranchissement où parviennent Brûnnhilde après la mort de Siegfried, Wotan après l'écroulement de ses rêves ambitieux, Marc après la catastrophe où périssent tous ceux qu'il aime. Et ce qui rend sa résignation plus belle et plus grandiose encore que celle des autres héros de Wagner, c'est qu'elle n'est ni désespérée ni douloureuse, mais souriante et virile. Hans Sachs renonce au bonheur sans se plaindre, sans déchirement,
(1) Ges. Schr. VII, 200 s.
(2) Hans Sachs reconnaît lui-mùme, au 3« acte, qu'il a failli se laisser prendre au piège que lui tenflait la coquetterie enfantine d'Eva « 's war Zeit, dasz ich den Rechten crkannt : wàr' sonst am End' doch hineinqcrannt ! » {Gcs. Schr. VII, 25i).
(3) Gen. Srhr. Vif, 2o4.