‹ Richard Wagner, sa vie et ses œuvresChapitre 9 sur 35 · IK · texte numérisé non relu

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Wagner dirige la représentation de ses propres œuvres sur les scènes de plusieurs capitales (Paris, Vienne, Munich); pressé parle besoin, il renoue, par moments, if' avec le théâtre moderne.

3. 1866-1872- — Second séjour volontaire à l'étranger (Triebschen, près Lucerne) ; retraite absolue loin du monde.

|: 4. 1872-1883. — Bayreutb ; Érection du Fest-

spieîhaus^ institution et inauguration des « solennités scéniques allemandes» {Festspide).

Il ne me reste qu'à rappeler que ce tableau ne se rapporte, purement et simplement, qu'à ce qui reste extérieur dans la vie de Wagner. Ou plutôt on doit admettre que cette division, telle que nous l'avons tentée, correspond à quelque chose de sa vie intérieure, puisque chacune de ses parties rappelle une manifestation de la volonté ; mais il ne faut pas oublier que ces manifestations, ces résolutions diverses, ne sont que des symptômes, et que rien ne serait plus illogique que de les séparer des mobiles dont la lente maturation les fait enfin aboutir. Ce serait folie de vouloir réduire en formule l'évolution intellectuelle d'un homme ; l'esprit ne s'emprisonne pas dans une camisole de force.

Il ne faudrait pas non plus attacher trop d'importance à ce fait, que chacune des quatre périodes de la première phase vit éclore deux œuvres scéniques : la première, une « Tragédie » et une « Pastorale » ; la seconde. Les Fées et la Défense d'aimer [Liebesverbot) ; la troisième, Rienzi et le Vaisseau- Fantôme ; la quatrième enfin, Tannhœuser et Lohengrin. Cela présente sans doute quelque intérêt au point de vue mnémotechnique, mais guère à d'autres points de vue : car

beaucoup d'œuvres, Lohengrin^ par exemple, ont vécu des années dans Timagination de Fauteur; et personne ne sauraitfdans Tenchevêtrement des influences et des motifs, démêler celui qui détermina l'apparition de ce drame, écrit en 1847. Il n'est pas même facile de distinguer nettement les effets des causes. Ainsi on pourrait chercher dans Rienzi l'influence directe de l'atmosphère parisienne, spécialement du Grand-Opéra : et pourtant Rienzi était déjà à moitié terminé, quand Wagner arriva à Paris pour la première fois.

Bien plus, dans la deuxième et dernière phase de la vie du maître, de semblables rapprochements pourraient être une source sérieuse d'erreurs. Si Ton n'en voulait croire que la série des dates où il mit la dernière main à ses grands drames, Tristan et Iseult se rattacherait à- la première période, les Maîtres-Chanteurs à la seconde, V Anneau du Nibelung à la troisième, et Parsifal à la quatrième, tandis qu'en réalité la genèse de ces diverses œuvres s'étendit à travers une longue série d'années, pour les Maîtres-Chanteurs de 1845 à 1867, pour Y Anneau du Nibelung de 1848 à 1874, et pour Parsifal de 1854 à 1882 ; Tristan et Iseult est la seule œuvre qui ne dépasse pas les limites d'une des périodes susmentionnées (1854-1859).

Qu'on ne prenne donc mon tableau que pour ce qu'il vaut et pour ce qu'il est : un moyen commode de résumer la vie du maître et d'en fixer dans la mémoire les principaux moments.

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