DU PROFIT, ECT
currence, étant ouverte à d'autres pour l'emploi des mêmes procédés, ait amené les prix, et par conséquent les profits, au taux normal.
Mais la position, même ordinaire^, du capitaliste, est la meilleure qui puisse exister dans la société, celle qui tout à la fois, se rapproche le plus de la nature, et profite le mieux de la civilisation.
Le capitaliste a bien une spécialité, sans doute , vers laquelle le développement de ses facultés a dû être dirigé de préférence ; mais, comme il n'est pas obligé de se livrer à un travail incessant, ni en général à un travail mécanique , il lui reste ordinairement assez de temps , assez de forces , assez de liberté d'esprit pour cultiver l'ensemble de ses facultés et pour acquérir ainsi un développement complet.
Il éprouve la nécessité du travail justement au degré où il faut l'éprouver pour que la vie soit bien remplie, pour que le repos soit plein de charmes. D'ailleurs, ce travail est bien près, pour lui, de se changer en plaisir, car il en profite immédiatement et sans partage; les résultats qu'il en espère lui appartiendront exclusivement et se proportionneront aux
talents et à l'activité dont il aura fait preuve dans Texercice de son industrie.
En même temps, son capital le met en état d'étendre ses vues sur un avenir un peu éloigné, de choisir ses moyens de fortune, d'attendre et de saisir les occasions favorables. 11 n'est pas talonné, comme le salarié, par l'idée du lendemain, par les inquiétudes poignantes qu'occasionne à celui-ci l'absence complète de garanties pour l'avenir et l'impossibilité absolue où il se trouve de prévenir, ou seulement de prévoir, les éventualités auxquelles son sort et celui de sa famille sont attachés.
Enfin, le capitaliste n'est pas, comme le salarié, sous la dépendance immédiate d'un maître dont les volontés exercent sur sa vie une influence journalière; il ne perd de sa liberté absolue que ce qu'il est nécessaire d'en sacrifier pour vivre dans une société humaine et pour profiter de tous les avantages de l'état social.
Loisir, sécurité, indépendance, voilà les trois éléments principaux dont se compose le bonheur de l'homme social, ou plutôt les trois moyens d'arriver à la plus grande somme de bonheur possible ; et ces éléments caracté-