DES CAPITAUX
d'abord, et quelquefois permanente ensuite, du prix du travail. Les salariés deviennent de moins en moins capables d'épargner sur leurs revenus pour se créer un fonds de réserve ; s'ils y parviennent^ les interruptions temporaires de travail, auxquelles ils sont exposés, les obligent à consommer cette réserve si péniblement accumulée.
En second lieu, l'emploi d'un petit capital ne saurait être bien avantageux pour celui qui en dispose, qu'autant qu'il le fait valoir lui-même, avec cette économie, cet esprit de conduite, cette vigilance que l'intérêt direct peut seul inspirer. L'actionnaire d'une entreprise se trouve nécessairement dans l'alternative de recevoir un intérêt minime ou de courir des risques énormes. Sur le profit total, il faut prélever les frais d'une administration coûteuse, et cette administration est rarement digne d'inspirer une entière sécurité à ceux dont elle manie les fonds.
Rien n'est plus rare que de voir de très-petites fortunes s'augmenter de la sorte, et fournir un revenu suffisant pour dispenser celui qui le reçoit de chercher un salaire. Il faut toute une vie de peines et de privations pour