CHAPITRE VII
INFLUENCE DE L'APPROPRIATION DES PRODUITS SUR L'ACCUMULA- TION ABSOLUE DE LA RICHESSE SOCIALE.
J'ai montré, dans l'introduction de cet ouvrage, que Taccumulation absolue de la richesse sociale s'opère à l'aide du profit réel, c'est-à-dire de ce qui, dans l'excédant de la production sur le capital consommé productivement, est susceptible de servir à une production nouvelle; en d'autre termes, de la portion capitalisable et capitalisée de cet excédant.
Il est évident que si, dans l'état actuel des choses, le profit réel provient essentiellement de l'épargne des capitalistes, il pourrait aussi bien provenir de celle des salariés. En effet, ce que ceux-ci ne consomment pas, bien
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qu'oft l'envisage comme réellement consommé pour le capitaliste qui les emploie, ne l'est pas pour la société dont ils font partie, et doit être soustrait de l'évaluation du capital consommé; or, soustraire une quantité du capital consommé, c'est l'ajouter au profit réel. C)
Ce serait donc une grave erreur de croire que l'appropriation des capitaux, avec ses résultats actuels, soit le seul système d'attribution et de distribution compatible avec l'accumulation de la richesse sociale.
Un système différent, celui qui , par exemple, aurait pour résultat d'assurer à tous les travailleurs, dans les produits de l'industrie, une part supérieure à celle que représente le prix de leur travail , pourrait aussi bien amener une accumulation graduelle de la richesse .
Voici toutefois en quoi les résultats de ce
(■) Soit ff le profit réel, C le capital consommé, R la portion du produit total qui est réservée pour une production future , e l'épargne des salariés. Ou a 7r=R — C, par conséquent on ne peut diminuer la quantité C sans augmenter la quantité r. Si à C nous substituons C — e, nous aurons Tz^=K — C-\-c, et désignant R— C, qui est l'excédant du produit capitalisé sur le capital consommé, par E, nous obtiendrons 7r=E-j-e