‹ Riche ou pauvre, exposition succincte des causes et des effetsde la distribution actuelle des richesses socialesChapitre 85 sur 86 · ÉPILOGUE. â · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. â

r enfance à la maturité, suivant une loi constante, et l'effet de cette loi nous apparaît, sans contredit, comme un progrès continuel.

Il s'en faut bien, cependant, que ce progrès soit toujours un perfectionnement. L'individu peut se fourvoyer, être poussé par ses passions, ou par des circonstances extérieures, dans une direction qui l'éloignera du vrai but de son existence.

Pourquoi n'arriverait-il pas aux sociétés humaines de se fourvoyer aussi, de s'imposer un organisme dont le développement les écarte, au lieu de les rapprocher, du vrai but de l'association? Un tel organisme, une fois établi, va se développant comme tout ce qui a vie et volonté; il sera continuellement en progrès, mais dans une fausse direction; son progrès pourra être considéré comme le perfectionnement de l'organisme, non comme le perfectionnement de l'être organisé ; ce sera un progrès relatif^ non un progrès absolu.

Si les hommes qui croient à cette fatalité du progrès avaient examiné de plus près la marche de la civilisation, ils lauraient vue suivre à travers les âges une direction uniforme qui lui était imprimée par un des principes de l'or*

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ganisation sociale; ils auraient compris que les sociétés étaient inévitablement poussées , par l'adoption de ce principe, vers toutes ses conséquences; et ils en auraient conclu qu'un principe, un seul principe faux, déposé dans le droit commun des peuples^ suffirait pour entraîner l'humanité, livrée à elle-même, dans une voie non de perfectionnement, non de progrès réel , mais de dégénération déguisée sous un progrès apparent; alors, sans doute, ils auraient abjuré leur fatalisme erroné; ils auraient compris qu'avant de pousser la civilisation dans ses ornières en lui disant : Marche 1 marche! il y avait lieu de s'enquérir où ces ornières conduisent, d'analyser ce prétendu progrès, d'arrêter, enfin, cette soidisant civilisation, s'il paraissait qu'elle fut entrée dans une mauvaise voie.

Telles sont les pensées qui m'ont engagé à publier ce livre. J'ai voulu attirer l'attention de la génération actuelle sur les conséquences graves auxquelles parait devoir conduire un des principes de notre organisme social. D'autres l'ont déjà fait ; ils ont été plus loin ; ils ont indiqué les principes nouveaux qu'ils croyaient nécessaire d'intioduire dans l'organisation des

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sociélés. Peut-êlrc ont-ils, par cela même, excité une défiance qui a rendu la génération sourde à leur appel. A quoi bon parler, à ceux qui habitent une maison en toute sécurité, des changements de construction qui pourraient la rendre plus solide? Faites-leur d'abord comprendre la nécessité de démolir : ils seront disposés, alors, à examiner vos plans et à les discuter.

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