‹ richebourg - jean_loup_2Chapitre 8 sur 84 · MONSIEUR LE BARON · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE BARON

» J’ai eu l'honneur de voir hier matin Mr° la baronne de Simaise, chez M. le comte de Violaine.

» J’ai trouvé MM° de Simaise plus que jamais opposée à mes projets, et toute prête à empêcher le mariage par tous les moyens possibles.

» Je ne puis ni ne veux provoquer une lutte déplorable, et qui serait certainement funeste, entre vous et Me la baronne. Il est donc de mon devoir de ne plus prétendre à l’honneur de votre alliance.

» Veuillez considérer la demande que je vous ai faite de la main de Mie de Simaise comme nulle, et je vous rends la parole que vous m’avez donnée.

» Croyez, monsieur le baron, à tous mes regrets, et agréez l'expression de mes sentiments distingués.

» PEDRO CASTORA. »

De Simaise fut atterré.

Me

C'était la ruine de ses dernières espérances : son expédient suprême s’en allait en fumée ; c'était la dislocation, l’écroulement, l’anéantissement complet d’un échafaudage de combinaisons au moyen desquelles il avait compté sortir, d’une position terrible.

Tenant la lettre entre ses doigts, pâle, frémissant, un nuage devant les yeux, il restait immobile, comme hébété.

Cependant, au bout d’un instant, il sortit de cet état de prostration. Alors ce fut une explosion de fureur et de rage. En proie à une sorte de delirium tremens, il arpentait sa chambre d’un pas inégal, fiévreux, comme un insensé ; il poussait des rugissements rauques, renversait les meubles, piétinait sur le parquet comme un possédé, jurait, lançait toutes sortes d’imprécations.

— Ah! c’est ainsi, s’écriait-il, l’écume aux lèvres, elle veut la guerre ; eh bien, soit, guerre, guerre à outrance ! Je ne lui rendrai pas sa fille ; je l’'emmènerai hors de France et je saurai si bien la cacher, qu'elle ne la reverra jamais !

À la fin il se calma. Il passa dans une autre pièce, s’assit devant un bureau et écrivit :

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