RETOUR EN GRACE DE LA REINE MÈRE I
la reine mère, au grand contentement de celle-ci, qui s'est complue à ces marques d'honneur, et fait montre d'être en plus étroite intelligence avec Sa Majesté que par le passé '. » Le rapport du nonce donne d'autres détails. « Le roi, dit-il, a fait beaucoup de caresses à la reine mère ^\ il a été, à son arrivée, descendre de cheval chez elle, et puis, pendant la nuit, il est resté depuis une heure avant minuit jusqu'au jour avec la reine sa femme. Plaise à Dieu leur donner un dauphin, comme le mérite la bonté de l'un et de l'autre ^ ! » Le roi avait persisté pendant presque tout son voyage dans la mauvaise humeur qu'il avait conçue à son départ contre Anne d'Autriche et toujours pour le même motif : la continuation de son intimité avec la duchesse de Chevreuse et M™^ de Verneuil. Une lettre du président Jeannin, citée par le P. Griffet, nous apprend que le vieux ministre de Henri IV s'entremit auprès du roi pour lui affirmer que Anne d'Autriche ne voyait plus cqs dames qu'en public, et pour témoigner des sentiments de respect et d'amour de la reine à l'égard de Sa Majesté. Louis XIII n'en était pas moins revenu animé des mêmes préventions, et c'est ce qui explique la froideur de son accueil pour Anne d'Autriche. On n'en saurait douter en hsant cet eritrefilet d'une feuille d'avis envoyée par le nonce à Rome : « On a remarqué que Sa Majesté n'a pas salué la sœur du défunt connétable (M"" de Verneuil), dame d'honneur de la reine, ce qui semble indi-
luogo all'liabitatione délia regina madré con sommo contento siio, grandemente compiacendosi deU'apparcii^a degli IiO)iori, et mostra di ristringer con la 3/'^ S. maggior conjlden^a dcl passato. » Ambass. vénit., 11° 95, 20 novembre 1O22.