‹ RichelieuChapitre 106 sur 196 · Ambass. vénit., n" 95, 20 décembre · texte numérisé non relu

Ambass. vénit., n" 95, 20 décembre

2. « Le roi tit de grandes caresses à la reine sa mère. » (Richel., Mém., p, 270.)

3. Nonce, 12 décembre i(j22. A l'abbé Cavalcanti. Cf. Héroard : « Le 6 décembre, mardi. Il arrive à Lyon pour la première fois, par la Saône, en bateau, à rarchevcché, ayant vu auparavant à la rencontre la reine sa mère et la reine. En arrivant, il va à son cabinet, puis au cabinet de la reine, et le soir chez la reine à la comédie française ; le soir couche, puis relevé, il va chez la reine.

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quer qu'on va lui faire quitter le palais '. » (12 décembre 1622.)

Les attentions de Louis XIII pour la reine mère rendaient d'autant plus frappant le contraste peu dissimulé de son indifférence pour sa femme. M"'^ de Motteville a trouvé le mot de cette singulière situation quand elle dit : « La reine Marie de Médicis s'étant raccommodée avec le roi, la paix entre la mère et le fils brouilla le mari et la femme ; et la reine mère étant persuadée que, pour être absolue sur ce prince, il falloit que cette princesse ne fût pas bien avec lui, elle travailla avec tant de succès et d'application à entretenir leur mésintelligence, que la reine, sa belle-fille, n'eut aucun crédit ni douceur depuis ce temps-là. »

Tout ce que fait le roi semble en effet avoir uniquement pour objet la satisfaction de l' amour-propre de Marie de Médicis : « Sa Majesté, dit la feuille d'avis précédemment citée, a accordé la liberté au fils du défunt maréchal d'Ancre, bien que le duc de Montbazon, qui l'avait en garde,, ne voulût point le laisser échapper , sous prétexte qu'il lui était dû 1200 écus ". Le 10 a eu lieu la cérémonie du

1, Nous lisons dans les historiens et dans les documents tantôt M"^, tantôt M"* de Verneuil; on serait porté à croire que ces termes désignent la même personne; car M^e et M"e de Verneuil sont représentées comme ayant une intiuence qui déplaît au roi. M"" de Verneuil était la sœur du duc de Luynes, la belle-soeur de M^^^ de Chevreuse et la femme du fils aîné de Henri IV et d'Henriette d'Entragues ; M"'= de Verneuil, sœur de ce dernier, était par conséquent la belle-sœur de M""* de Verneuil. Or on a vu plus haut dans une dépêche du nonce que toutes ces dames étaient, au moins dans leur conversation, fort légères. C'est vis-à-vis de M"" de Verneuil que le roi paraissait particulièrement ombrageux. Car, pendant son voyage, il avait rendu la surintendance de la maison de la reine à M"' de Chevreuse ; et, quant à sa sœur naturelle, il s'empressa de la marier presque aussitôt après son arrivée à Lyon. C'est ce que nous apprend l'ambassadeur vénitien : « Après-demain auront lieu les noces de M"- de Verneuil, sœur naturelle du roi, et de M. de La Valette, cadet du duc d'Epernon, avec une dot de 400 000 écus ; quant à lui, qui est le favori de son père, il aura beaucoup de fortune, et il a déjà la charge de colonel général de l'infanterie de ce royaume. » (Dép. du 20 décembre 1622.)

2. L'élargissement du fi4s du maréchal d'Ancre se rattache à une

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.don de la barrette à M. le cardinal de Richelieu, d'une façon toute privée, dans la chapelle de Sa Majesté. Monsieur le nonce avait présenté le matin même au roi le comte Giulio d'Elci '. La cérémonie terminée -, M. le cardinal de Richelieu a donné un banquet somptueux à M. le cardinal de Savoie, à Monsieur le nonce et à beaucoup d'autres archevêques et évêques. »

Les événements des jours suivants détournèrent sur d'autres objets l'attention des gens de cour. Le 1 1 décembre était le jour fixé pour l'entrée publique du roi à Lyon. « Cette solennité, dit l'ambassadeur vénitien, fut vraiment magnifique. On remarqua en particulier un corps de lo ooo hommes de gardes bourgeoises, tous richement parés et revêtus d'armes splendides. Les honneurs furent les mêmes pour la reine et pour le roi, qui entrèrent ensemble ^ Ce fut aussi un curieux et noble spectacle que l'entrée de Madame et du prince de Piémont ''. On observa un très bel ordre : d'abord Madame Henriette s'avança avec sa suite; puis le

autre affaire. Depuis plusieurs années, le gouvernement français était en instance auprès du grand-duc de Toscane pour obtenir la restitution de certaines sommes placées par les Concini chez les banquiers de Florence. La reine mère réclamait cet argent comme provenant de ses libéralités ; le roi de France, comme provenant de concussions; le gouvernement de Florence, comme ayant été placé dans ses Etats ; le fils du maréchal, comme l'héritage de ses père et mère. Le grand-duc ayant consenti à abandonner une partie de ces sommes, le roi les avait attribuées à la reine mère, depuis la reprise de leurs bonnes relations; le fils du maréchal devait être mis en possession du surplus de son héritage,

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