RETOUR EN GRACE DE LA REIXE MERE
.définitive du traité d'alliance fut différée jusqu'au retour du roi à Paris ' .
C'est là sans doute ce qui fait dire à Richelieu : « La vieillesse des ministres était si grande que, appréhendant la longueur des voyages où tels desseins pourraient les embarquer, ils donnèrent des conseils conformes à la faiblesse de leur âge Les ministres pensent à leurs affaires
et non pas à celles du roi, qui, sans rien résoudre, partit de Lyon vers la fin de décembre et s'achemina à Paris -. » Ce jugement si dédaigneux du cardinal doit-il être accepté? On reconnaîtra que la valeur en est singulièrement infirmée par ce fait que, dans la longue page consacrée par l'auteur des Mémoires à une amplification oratoire sur les affaires de la Valteline, il n'est nullement question ni des conférences d'Avignon, ni de celles de Lyon. Le duc de Savoie^, ses enfants semblent n'être venus en France que pour se promener ^ Ces prétéritions adroites du cardinal indiquent une intention par trop évidente de cacher ou de rabaisser ce qui a été fait avant lui dans cette question si délicate et si embarrassante que le nonce lui-même finit par s'impatienter et s'oublie jusqu'à dire : « Dieu bénisse l'affaire de la Valteline ' ! » La rigueur de la saison où l'on se trouvait nous semble avoir pu être pour les ministres une
1. Nonce, 21 décembre 1622, au nonce d'Espagne. — Ambass. vénit., n° 97, 21 décembre 1622.