‹ RichelieuChapitre 11 sur 196 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

gnage une haute valeur. On nous permettra de rappeler, en outre, ce que nous avons exposé plus longuement au début de notre étude précédente, à savoir que, représentants de gouvernements différents, aux intérêts ennemis ou rivaux^ ils offrent un contrôle réciproque de leurs informations. Nous n'avons pas manqué d'avoir recours à ce procédé de critique , à l'aide duquel nous espérons être arrivés à la vérité sur quelques points délicats de notre exposition, et particulièrement lorsque nous avons eu à attaquer le texte des Mémoires de Richelieu.

On se demande en effet souvent, en les lisant, si le cardinal, dans la conscience de son génie trop longtemps tenu à l'écart, n'a pas cherché, en composant ses Mémoires et en les dictant, à prendre en quelque sorte une revanche historique du retard apporté à l'essor de ses glorieuses destinées, soit en rabaissant outre mesure ses prédécesseurs, soit en dissimulant ses manœuvres pour arriver au pouvoir dont il était si digne, soit même en anticipant sur son rôle. Nous tâcherons de prouver qu'en effet les Mémoires n'ont pas eu souvent d'autre objet. Nous avons dû critiquer l'historien, dévoiler des intrigues; notre admiration reste entière pour le grand politique.

La correspondance des trois diplomates que nous appelons à déposer est trop volumineuse pour que nous ayons pu songer à donner le texte des nombreuses citations qu'on trouvera dans ce volume. Nous avons cherché au moins à être un traducteur scrupuleusement fidèle ; notre français est, pour ainsi dire, calqué sur la phrase italienne qui s'y adapte en général avec précision. L'appendice ne comprendra donc que quelques textes caractéristiques et propres à donner une idée de la manière de chacun de nos

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