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Ambass. vénit., n° io8, 27 janvier ib

l82 LE GOUVERNEMENT DU CHANCELIER BRÛLART

l'affaire serait arrangée à la satisfaction des cardinaux. La Rochefoucault resta en effet maître du terrain : le roi l'invita de sa propre bouche à venir prendre séance au conseil immédiatement après les princes du sang. Ce fut un grave échec pour le chancelier; car il avait déclaré que jamais le cardinal n'obtiendrait gain de cause '. La portée de cette décision est nettement indiquée par l'ambassadeur vénitien quand il dit que c'est grâce à l'autorité de la reine mère que le cardinal de La Rochefoucault a triomphé : " L'intérêt du cardinal de Richelieu, ajoute-t-il, est de conserver la place à un cardinal et de commencer à faire contre-poids au chancelier ^ » Le nonce abonde dans le même sens : « Le parti du chancelier, dit-il, commence à être haï de tout le monde. La reine mère proclame qu'elle n'a eu aucune part à la chute de Schomberg ; elle n'approuve point leurs procédés, d'autant plus que le cardinal de Lusson ne pourra jamais s'entendre avec eux, tant ils ont peur de son intelligence et de ses talents. » Il n'est pas douteux que, dès ce moment, Brûlart prévit le jour plus ou moins prochain de sa disgrâce ; car il fît des démarches pour obtenir le chapeau de cardinal qui, sous Philippe III, avait déjà mis le célèbre duc de Lerme, après sa chute, à l'abri des procédures de la justice royale, qui, en tous pays, s'acharnait à cette époque après les dépouilles des ministres tombés ^.

L'idée de cette précaution était-elle inspirée au chancelier par une bonne conscience ? Plusieurs témoignages nous ont déjà rendu son désintéressement suspect. En voici un nouveau qui nous montre que le bien des affaires publiques et l'amour du pouvoir n'étaient pas l'unique souci des Brûlarts : « Je suis, écrit le nonce, en très bonne intelligence avec M. de Puisieux. J'y suis parvenu par la force de mes

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