Nonce, 3 février
paroles et au moyen de quelques petits présents, et cela depuis Avignon; le chancelier et moi nous avons presque le même sentiment relativement à l'affaire de la Valteline ; car il abhorre l'idée d'une rupture ouverte avec le Roi Catholique, et il veut plutôt combattre sourdement sa puissance '. » N')" a-t-il pas dans ces mots une confirmation de l'accusation que nous avons vue portée plus haut contre les Brûlarts : la vénalité même vis-à-vis de l'Espagne? Leur poHtique extérieure va malheureusement être entachée plus que jamais d'une faiblesse qui ne les relève point d'un pareil soupçon.
Les négociations relatives à la Valteline n'avaient pas cessé leur cours depuis le départ du roi de L3-on. On se rappelle que, devant la menace d'une coalition, la cour d'Espagne avait consenti, sous certaines réserves, à déposer les forts de la Valteline entre les mains du duc de Lorraine. Depuis, une autre idée avait fait son chemin : le nonce d'Espagne avait émis incidemment la combinaison de former d'Italiens sujets du pape les garnisons qu'on mettrait dans la Valteline au nom du duc de Lorraine; de là à reconnaître le pape lui-même comme dépositaire des forts de la Valteline, il n'y avait quun pas; c'est sous cette forme nouvelle que se montra l'insaisissable Protée de la diplomatie espagnole. Le nonce, évêque de Bertinovo, donna en effet avis que les Espagnols remettaient non seulement le dépôt des forts, mais l'entier accommodement des affaires de la Valtehne au pape, et qu'il n'était plus question du duc de Lorraine. Bien que cette solution fût au fond très agréable à la cour de Rome % elle montra cependant certaines hésitations. Le pape, avant d'accepter, fit déclarer qu'il voulait être assuré que son acceptation ne serait pas mal vue à la