‹ RichelieuChapitre 127 sur 196 · I. Nonce, 21 février · texte numérisé non relu

I. Nonce, 21 février

aux dernières extrémités, contre toute justice, au moment où les Espagnols et les Français avaient mis leur confiance dans Rome. Il en rejette toute la faute sur la République, et dit que le succès sera peut-être bien loin de répondre aux espérances. Pour ma part, je lui ai remontré tous les artifices des Espagnols, la communauté des intérêts du pontife et des leurs, l'union du cardinal Ludovisi et des Espagnols cimentée par des brevets de grandesse ', et tous les apprêts de guerre qui se faisaient dans l'État de Milan -. »

Ce qui prouve que les Français avaient, cette fois, frappé fort et juste, c'est que la cour de Madrid, dont la diplomatie manœuvrait avec l'admirable précision que l'on sait, se décidait, moins de huit jours après la signature de la ligue de Paris, à admettre par écrit le dépôt des forts de la Valteline •entre les mains du pape \ Mais on remarquera que, dans cette convention, il n'était plus question d'un arbitrage du pape sur le fond même du différend et que, tout en consentant à laisser évacuer la Valteline par leurs forces, les Espagnols se réservaient la fiiculté d'en reprendre possession au besoin. Il y avait cependant un progrès dans la situation. Richelieu aura moins de peine un jour à déloger les soldats •du pape qu'il n'en aurait eu à mettre dehors les garnisons espagnoles. A cet égard, la ligue de Paris produisit plus d'eftet que ne le dit l'ambassadeur vénitien en l'appelant « une démonstration sur le papier {apparato fatto incarta) ''. »

!. Le cardinal Ludovisi, après avoir fait épouser à son frère la princesse de Venose, riche héritière du royaume de Naples, avait •obtenu pour le nouvel époux la grandesse d'Espagne.

2. Le gouverneur de Milan mettait Novare en état de siège et le <iuc de Savoie fortifiait Verceil.

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