‹ RichelieuChapitre 126 sur 196 · Ambass. vénit., n^ ii3 fchiffresj, 10 février · texte numérisé non relu

Ambass. vénit., n^ ii3 fchiffresj, 10 février

2. Ambass. vénit., n» 114 (chiffres), lo février 1623 ; suivent des copies du traité en français et en italien.

3. Voici le préambule et les principales dispositions du traité d'alliance tels qu'ils figurent dans le recueil de la correspondance de Cor sini et dans un autre recueil catalogué à la même bibliothèque sous les no' 6S2, col. 35, B. 11, page 141 : Ligue conclue entre le roi de France, la république de Venise et le duc de Savoie en faveur de la Valteline, à Paris, le j février 1623. Cf. Vittorio Siri, Memorie recondite : « Comme ainsy soict que le Roy, des le commencement qu'il esté entrepris par le Roy d'Espagne, et depuis par l'archiduc Léopold au pays des Ligues grizes en la Valteline et autres endroits à eux appartenans, au préjudice de ses alliez et de son alliance, n'ayt espargné aucun office comme Roy très chrestien à Rome, en Espa-

l88 LA LIGUE DE PARIS

Suisses, lii Grande-Bretagne et les princes d'Allemagne et d'Italie. La restitution de la ^''alteline et de toutes les autres dépendances du pays des Grisons injustement occupées était spécialement visée par cet acte; mais il pouvait, suivant les circonstances, prendre une portée beaucoup plus étendue ; car un article particulier stipulait, en faveur des Provinces- Unies et des princes allemands en lutte contre l'empereur,

gne et ailleurs, où il a esté besoing pour faire remettre les choses en leur premier estât et rendre à sesdicts alliez et confedérez leur repos et liberté. Ce que n'ayant produict par les longueurs et artifices dont il a esté uzé l'effect qui estoit désiré pour l'honneur et le contentement des interresséz, et la seuretté publique, Sa Majeàté meue des mesmes considérations pour elle et pour ses amis, et spécialement de la République de Venise, et de M. le duc de Savoye qui ont aussy un notable interrest en l'affaire et ont faict paroistre jusques icy avoir les mesmes tins et intentions; a trouvé bon d'arrester et conclure un traitte de ligue sur cette occasion avec la dite République de Venize et le dit sieur duc de Savoye pour le terme et espace de deux ans, à commencer du jour de la signature du présent traité, et pour tout le temps du plus qui sera nécessaire jusques à rentière restitution de la Valteline et autres lieux occupez appartenant aux Grisons et que lesdicts princes confedérez puissent estre en repos et seuretté par une bonne paix et accommodement. »

Le roy fournira i5 à i8 ooo hommes de pied et 2000 chevaux ; Venise, 10 à 12 000 hommes de pied et 2000 chevaux; La Savoye, 8000 hommes de pied et 2000 chevaux. Chacun stipendiera des troupes. Les troupes doivent être prêtes au i" avril. On délibérera ultérieurement sur le choix du commandant en chef.

On fera tenter une diversion par Mansfeld avec forces suffisantes accompagnées de six canons et quatre pièces de campagne et des munitions nécessaires « pour les exploicts qui luy conviendra taire. » Les forces, canons et munitions seront fournis par les confédérés, tous ensemble; goo 000 livres, dont le roi payera la moitié, seront allouées à Mansfeld. Les alliés défendront réciproquement leurs territoires. « Et outre lesdits confedérez ont estimé convenable et utile à raffaire d'encourager et favoriser les Estats des Provinces- Unies des Pays-Bas, comme aussy les affaires qui sont à présent en Allemagne pour par une telle occupation randre ce desseing plus facile. »

La ligue reste ouverte pour le pape, les sieurs des ligues suisses, le roi de la Grande-Bretagne et les princes dWUemagne et d'Italie qui voudront y entrer.

Suivent les ratifications du doge Priuli et de Charles-Emmanuel.

Le traité est signé : Louis; Giovanni Pesaro, pour Venise; Auguste Manfred Scaglia, comte de Verrua, ambassadeur du duc de Savoie.

certains encouragements de nature à généraliser le conflit particulier élevé à propos des Grisons. La ligue prenait en outre Mansfeld à sa solde et se proposait de jeter sur l'Italie du nord cet audacieux chef de bandes, réduit pour le moment à l'inaction. Ce traité pouvait modifier complètement la fece des afliliires en Europe.

Le gouvernement espagnol se sentit touché au vif, et le marquis de Mirabel protesta dans les termes les plus violents contre le traité. Quant au nonce, qui avait été tenu à l'écart des négociations et qui avait cependant réussi, par des moyens mystérieux sur lesquels il ne s'explique pas, à se procurer un exemplaire exact du traité, il présenta des observations, en se fondant non sur les termes de la convention qu'il était censé ne pas connaître, mais sur les inconvénients qu'il y avait à appeler en Italie Mansfeld. « Ses fiiçons de procéder, trop connues, disait-il en Italie, des petits et des grands, étaient odieuses et exécrées. Mansfeld, oppresseur de ses amis comme de ses ennemis, déprédateur insatiable de tout pays, violateur de femmes, massacreur d'enfants, destructeur de temples, ennemi de la religion et de l'Eglise, incendiaire, impie, perfide et sacrilège, forcerait tous les princes italiens à s'unir contre lui et contre ceux qui l'enverraient, parce qu'ils comprendraient que, de quelque façon qu'il se présentât, comme ami ou comme ennemi, il mettrait en péril leurs églises, leurs biens, l'honneur de leurs femmes et de leurs enfants. Considérez un peu, ajoutait-il, ce que pensera Sa Sainteté lorsqu'elle verra s'approcher un tel fléau de l'Italie, dont la conservation et la religion doivent lui inspirer plus de sollicitude qu'à personne ' . »

Corsini ne se possédait plus ; l'ambassadeur vénitien achève de peindre son attitude en disant : « Le nonce du pape fait beaucoup de bruit; il dit que l'on a conduit le roi

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