LA DÉCHÉANCE DU PALATIN I9I
Le gouvernement espagnol éprouva dans le même temps un autre échec. Il s'agit des afîaires d'Allemagne. La France n'y prenait, on le sait, qu'une part très indirecte; il entre cependant dans notre sujet d'indiquer ce qui fut fait de ce chef sous le gouvernement des Brûlarts. L'électeur palatin n'ayant plus qu'une seule ville en son pouvoir, Frankenthal, l'empereur crut le moment venu de donner à la mise de Frédéric V au ban de l'empire une consécration suprême en le dépouillant de son titre électoral au profit du duc de Bavière, chef de la Ligue catholique. Il réunit cà cet effet une diète dans la ville de Ratisbonne, dès le mois de novembre 1622 ; la partie catholique du corps électoral était acquise d'avance^ dans la pensée de l'empereur, à cette mesure de spoliation, et il était résolu à ne tenir aucun compte de l'opposition des électeurs protestants et de leurs adhérents. Mais c'est dans le parti victorieux lui-même que des dissentiments se produisirent. L'Espagne se prononça avec force contre le transfert de l'électorat du Palatin au Bavarois. Les motifs de cette opposition sont faciles à saisir : la formation d'un grand électorat de Bavière touchant au Rhin interposait une masse compacte et puissante entre les Pays-Bas et les Etats espagnols de l'Italie. Le gouvernement de Madrid comptait bien, il est vrai, adjoindre à ses possessions une partie du Bas-Palatinat. Mais, vu l'impossibilité de s'établir dans le Palatinat tout entier, il aimait mieux laisser le reste au pouvoir d'un électeur palatin amoindri et qui devrait à ses bons offices la restitution d'une partie de ses domaines, plutôt que d'avoir affaire à la maison de Bavière agrandie.
les deux couronnes. Fait en présence de l'ambassadeur de France, mardi 14 février 1623. Signé : Innocentio de Massimi évêque de Bertinovo. Suit une lettre impérative du roi d'Espagne au duc de Feria, ordonnant de remettre les forts, et une lettre du pape au duc de f^eria sur le même sujet. Bibl. Corsini, Mss. 682, col. 35, B. II, 161. — Le 10 mars, le nonce de France annonce à celui de Flandre que le duc d'Olivarès a remis à Tévêque de Bertivono un écrit pour le dépôt des torts entre les mains du pape. Le duc de Feria a reçu l'ordre de les consigner au pape.