‹ RichelieuChapitre 130 sur 196 · LA DECHEANCE DU PALATIN · texte numérisé non relu

LA DECHEANCE DU PALATIN

Par là s'expliquent, de la part de l'Espagne, les ménagements pour Jacques P'', le beau-père de l'électeur, les semblants de négociations sérieuses en vue du mariage de l'infante et du prince de Galles, et enfin son attitude à la diète de Ratisbonne. duant au gouvernement français, sa politique se justifie par les considérations précédentes, et le nonce Corsini exprime très bien la nature contraire des intérêts français et espagnols dans cette question , quand il dit :

« La cour d'Espagne agit dans le sens de la restitution de l'électorat au Palatin et ne veut pas qu'il soit donné au duc de Bavière. La France fait échec à cette politique, ne voulant pas que le Roi Catholique, ni que l'Angleterre, qui favorise le Palatin, devienne trop influente sur ses frontières '. »

Q.uoique l'empereur eût plutôt manifesté sa volonté que demandé leur avis aux électeurs, le succès de l'électeur de Bavière n'était pas si complètement assuré qu'il n'ait pas jugé utile de mettre la France dans ses intérêts. La relation que donne Corsini de sa nonciature contient à ce sujet quelques renseignements intéressants; elle établit notamment avec beaucoup de justesse les raisons pour lesquelles ie gouvernement français pouvait incHner en faveur du Bavarois : « Les Français, y lisons-nous, furent incités par de nombreuses et efficaces représentations de ma part à appuyer le transfert de l'électorat au duc de Bavière pour plusieurs raisons : d'abord pour écarter des frontières de France un prince calviniste, qui, pendant les troubles intérieurs, avait toujours causé des embarras, ensuite pour que l'électorat ne tombât pas entre les mains des Espagnols, ou que le Palatin, le recouvrant grâce à eux, ne leur fût point trop obligé; d'autant plus que le roi d'Angleterre, beau-père de ce dernier, cherchait à se lier d'une étroite amitié avec les Espagnols par le moyen du mariage de l'infante avec le prince de Galles -. »

Page 1