Ambass. vénit., n" ib
224 JOURNAL DES DERNIERS MOIS DE l'aNNÉE l6l}
médecin était des cabales de la cour et du parti contraire à ses desseins et à l'inclination de sa femme.
« La reine mère a envoyé vingt chevaux de selle au prince de Piémont; je suis avisé d'autre part que la bonne entente s'accroît entre Sa Majesté et cette maison.
« Le pape est mort, le cardinal de Sourdis a reçu l'ordre d'aller à Rome en poste, le cardinal La Valette est prié d'en faire autant. La Rochefoucault et Richelieu resteront ^ »
24. juillet. — « La reine est dans un état de santé fort médiocre et n'a pas bougé de Paris; mais l'espoir de sa grossesse s'est complètement évanoui.
« L'ambassadeur d'Espagne a averti Sa Majesté la reine qu'elle devait se plaindre du renvoi de son médecin; elle a répondu qu'elle avait toujours obéi et qu'elle voulait toujours obéir au roi. La reine est intéressée dans les cabales, et elle-même a part à cet éloignement. La reine mère est à Saint- Germain et demande la permissoin d'aller à Monceaux-. »
10 août. — « Ces jours derniers, le roi s'est à l'improviste éloigné de ses plaisirs ordinaires de la chasse, et il a visité la reine mère à Monceaux. Celle-ci a été à sa rencontre pendant deux lieues. Elle a fêté son fils en déjeunant avec lui un matin, et le traitant splendidement, ainsi que tous ses gens, et en particulier la garde des mousquetaires à cheval, nouvelle milice du roi qui esttrèsaimée. Ce voyage, bien que Puisieux ait reçu du roi l'assurance formelle de son affection, a fait naître des bruits de changements; on ne pense pas que cela puisse passer plus outre ; mais, quand le Toi vous caresse avec plus de courtoisie que d'habitude, c'est généralement un signe que ses sentiments sont changés.
u Puisieux, tout bien établi qu'il est, sollicite, paraît-il, son père, à cette heure, de se démettre lui-même des sceaux,
1. Ambass. vénit., n" i63. Avis analogue du nonce à la même date.