‹ RichelieuChapitre 144 sur 196 · I. Nonce, 7 juillet 1G23, de Paris · texte numérisé non relu

I. Nonce, 7 juillet 1G23, de Paris

LE JOURNAL DES SLX DERNIERS MOIS DE L'ANNÉE l623, LA DISGRACE DES BRÛLARTS.

Peste à Paris. — Séjour de la cour à Saint-Germain. — Visites de Louis XIII à la reine mère à Monceaux. — Faveur du chancelier et de Puisieux de plus en plus menacée. — Menées et cabales de cour. — On essaye de faire venir à la cour le prince de Condé. — Suppression de la surintendance de la maison de la reine. — Accommodement des affaires d'argent de la reine mère. — Intrigues du surintendant La Vieuville contre les Brûlarts. — Disgrâce du chancelier. — Efforts désespérés de Puisieux pour se maintenir aux affaires. — Louis XIII le chasse également. — Organisation nouvelle du gouvernement. — Le roi paraît avoir moins d'aversion pour Richelieu.

(Juillet 162?. — Février 1624.'

Les faits exposés au chapitre précédent annoncent et préparent ceux qui s'accomplissent pendant les six derniers mois de l'année 1623. Toutes les complications d'une situation fort embrouillée vont se dénouer, non sans alternatives, non sans vicissitudes de toutes sortes. Les changements à vue se succèdent; le événements s'accumulent, logiques ou contradictoires en apparence, et défient toute tentative pour en faire une analyse suivie. Nous placerons donc sous les yeux du lecteur les faits et les impressions de cour presque au jour le jour. Il n'existe point de journal

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détaillé pour cette année 1623, si critique nu point de vue des destinées du règne de Louis XIII; nous essayerons de le faire, en donnant par ordre de date tout ce qu'il y a d'essentiel dans les dépêches du nonce, de l'ambassadeur vénitien et du résident florentin . Les développements donnés précédemment seront pour nous la clef de tous les renseignements touchant aux intérêts pubHcs ou privés qu'elles renferment sur l'histoire de la cour, qui seule nous occupe en ce moment.

10 juillet. — « Le roi est parti à Saint-Germain pour ses plaisirs, ayant changé celui de la chasse au moyen d'oiseaux pour la chasse de petits chiens contre les renards; et maintenant il a commencé à courir le cerf avec un souverain plaisir. A cause de l'indisposition de la reine, il est revenu hier déjeuner avec Sa Majesté, et il est parti aussitôt après \ »

17 juillet. — « On écrit de Rome que le roi court cette année un grand péril de mort extraordinaire; sur ce bruit, on spécule de la belle manière, et, comme la mort du feu roi fut annoncée de la même façon, beaucoup de gens en prennent sujet d'affliction. Le roi n'est pas averti; mais on ajoute que le duc de Savoie court les mêmes dangers. On doit peu de confiance aux pronostics; mais le dessein des ennemis paraît avoir pour but d'intimider l'un et d'irriter l'autre. On avisera Son Altesse avec précaution.

« Les deux reines sont encore au Louvre, et la peste sévit à Paris.

(( Un médecin napolitain qui était au service de la reine a été éloigné, parce que le roi a écrit à Sa Majesté qu'il le désirait; le prétexte est qu'il ne veut point d'étrangers auprès d'elle; mais Puisieux est l'auteur de la chose, parce que le

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