‹ RichelieuChapitre 160 sur 196 · I. Nonce, 10 février · texte numérisé non relu

I. Nonce, 10 février

244 ^^ DISGRACE DES BRÛLARTS

vernement, « parce qu'elle est fondée uniquement, dit-il, sur l'opinion du roi, qui reçoit des conseils bien divers et qui peut quelque jour trouver qu'il y en a de meilleurs que ceux du marquis, et s'y conformer; et je le dis parce qu'il paraît que les quatre ministres ci-dessus nommés se montrent bien neufs dans leurs fonctions. »

Ce qui étonne dans la révolution ministérielle, c'est qu'aucune place n'eût été faite à Richelieu dans le nouveau gouvernement. Le cardinal avait-il donc travaillé pour d'autres que pour lui-même ? Le roi lui réservait-il déjà dans sa pensée le rang qu'il occupera sous peu? Voici un passage de Tambassadeur florentin qui éclaire complètement cette question : « Le roi, dit-il, voudrait bien que la reine sa mère acceptât que le cardinal de Richelieu s'en allait un peu à Rome et qu'elle voulût bien se servir pour principal ministre de M. de Brèves ou d'un personnage semblable. Si elle y consentait, il n'est pas douteux qu'elle en viendrait à avoir une autorité beaucoup plus grande que maintenant, parce que le bon prélat est redouté de tous les ministres comme un homme trop fin et qu'ils pensent n'être pas bon de l'avoir trop à côté de soi. Et c'est là, sans doute, la raison qui met encore quelque obstacle à une entente complète entre le roi et sa mère; caril est très certain qu'aujourd'huiil n'y a plus de mésintelligence entre eux; aussi le roi voudrait bien qu'on ne pût pas lui mettre en tête certains scrupules relatifs non pas à la fidélité, mais à l'esprit altier et dominateur du cardinal ^. »

On voit poindre dans ces derniers mots la fortune prochaine de RicheHeu ; le roi conserve encore des préventions contre le cardinal, mais on sent qu'il ne faudra plus beaucoup d'eftbrts pour les dissiper. Les nouveaux ministres, de leur côté, cherchent déjà à se débarrasser de celui dans lequel ils redoutent un rival et prévoient un maître. Parla, on peut deviner qu'un jour ou l'autre éclatera un nouveau conflit.

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