‹ RichelieuChapitre 170 sur 196 · I. Nonce, 3o avril \Gi'i · texte numérisé non relu

I. Nonce, 3o avril \Gi'i

l'Église des chefs mêmes du protestantisme en Europe, le prince héritier de l'Angleterre et l'ancien électeur palatin; il ne s'effrayait point à la pensée d'une guerre entre la France et l'Espagne, comptant que le mariage du prince de Galles condamnerait l'Angleterre à la neutralité '. C'est au milieu de ces ambitions démesurées, de ces audacieuses illusions dans lesquelles le jeune et entreprenant cardinal Ludovisi entretenait son vieil oncle, que le pape Grégoire XV mourut (8 juillet 1623); Urbain VIII, qui, deux fois nonce en France, avait reçu du feu roi le bonnet de cardinal envoyé par Clément VIII, en signe d'allégresse pour la naissance du Dauphin, qui était devenu Louis XIII, fut élu aux cris de : « Vive Barberino pape ! et vive la France - ! »

Le changement de pontife parut pendant quelque temps favorable aux intérêts français. « On voit les Italiens plus hardiz et plus encouragez à la conservation de leur liberté, et les Espagnols plus souples et plus renduz à la raison^ » écrit M. de Marquemont \ L'habile Corsini, dont le ton se montait tout à l'heure à un diapason si élevé, donne désormais une note modérée ; il cherche à se faire valoir auprès du pape par une attitude conforme à la politique plus prudente qu'il suppose devoir être celle d'Urbain VIII : « Le feu pape Grégoire XV, écrit-il, était entré en négociations pour que le Roi Catholique et le Roi Très Chrétien payassent chacun la moitié des frais de l'occupation des forts ; dans le même temps, le roi d'Espagne a donné des ordres au duc de Feria pour que tous les forts, même Chiavenne et Rive, fussent remis aux troupes du pape. Pour faire connaître à Sa Sainteté tout ce qui concerne cette affaire, je dois lui dire que le sérénissime duc de Bavière a demandé à Sa Majesté Très Chrétienne de le garantir contre les armes de Mansfeld; sachant que cela dépendait de l'accommodement des

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