Nonce, avis du 9 juin
la translation de l'électorat du Palatin au duc de Bavière, et que Betlhen Gabor préparait aussi un soulèvement contre la maison d'Autriche. La France était sollicitée de prêter son concours à la nouvelle lutte qui se préparait. « Un des fils du landgrave de Hesse, écrit l'ambassadeur vénitien, qui a vécu longtemps en France et qui en connaît parfaitement la langue, est venu me voir pour me donner connaissance de la mission d'un gentilhomme envoyé ici par son père ; cet envoyé est porteur d'une relation sur l'état des affliires d'Allemagne et de la maison du landgrave, et sur un voyage que ledit landgrave a fait en Danemark, auprès des électeurs de Saxe et de Brandebourg, et dans le cercle de la Basse-Saxe. Il représente au roi le danger où se trouvent ses États pressés par les armes de Tilly, avec lequel il se trouve face à face; il donne connaissance des dispositions généralement favorables qu'il a trouvées chez les deux électeurs, et de la promesse faite par le roi de Danemark de l'assister en cas de besoin ; sur ce, le landgrave implore l'assistance de Sa Majesté en lui rappelant les services que sa maison a rendus pour l'établissement de la couronne sur la tête de Henri le Grand ; il demande la permission de faire une levée et le payement de ses créances pour en employer le montant à cet usage ' . »
La résolution à prendre dans ces circonstances était grave; Mansfeld avait ressaisi les armes et ravageait le duché d'Oldembourg et la Westphalic ; Christian de Brunswick se préparait aussi à entrer en campagne ; Tilly, posté entre les deux, observait. Le gouvernement français pouvait profiter de ces circonstances flivorables, et ce qui prouve combien son intervention était redoutée, c'étaient précisément les concessions récemment fliites par la maison d'Autriche ; mais on sait que les Brûlarts étaient des partisans de la paix
I. Ambass. vénit , n° lôo, lo juillet 1623. 11 s'agit ici du landgrave Maurice de Hesse-Cassel, qui peu après devait abdiquer en faveur de son fils aîné Guillaume, iCn-j.
à tout prix. Leur politique fut d'une insigne f;iiblesse : ils encouragèrent le jeune landgrave et les princes d'Allemagne à s'unir; mais ils n'offrirent aucune participation de la France à cette entreprise ; ils ne remboursèrent pas le prince; et, dit l'ambassadeur vénitien, « si on ne leur paye point leurs dettes, les Allemands ne sont pas contents ^ »
Les ministres ne montrèrent pas plus d'esprit de décision pour avancer les affaires de laValteline. Le Vénitien raconte que Puisieux lui montra un jour avec satisfaction des lettres du marquis de Bagni, successeur du duc de Fiano au commandement des troupes de la Valteline , dans lesquelles celui-ci lui donnait une relation complète de l'état des forts et du moyen de les entretenir. « J'interrompis ce propos, dit l'ambassadeur, en disant que j'aimerais bien mieux savoir que le marquis eût commencé à raser les forts ; car c'était le véritable intérêt de Sa Majesté et de ses alliés, tandis que leur conservation était la pire des choses et un véritable désastre -. »
Les hésitations des ministres français portèrent leurs fruits : Tilly battit complètement à Stadlo les troupes de Christian de Brunswick (lé août 1623). L'empereur Ferdinand II sembla encore plus près de réaliser ses ambitions despotiques en Allemagne. Rive et Chiavenne furent remis, il est vrai , au commandant des troupes pontificales ; mais l'archiduc Léopold recommença à fortifier le pas de Steig.
Les affaires de la Valteline étaient, en définitive, le nœud de toutes les questions alors pendantes en Europe. Le nouveau pape ne pouvait pas tarder à se prononcer entre la France et l'Espagne. Urbain VIII eut Tair d'hésiter. Cette hésitation ne pouvait qu'être favorable aux intérêts du gouvernement de Madrid, intéressé à reculer le plus possible la solution définitive du différend. Le Saint-Père, circonvenu dès l'abord par les flatteries des Espagnols, qui, suivant leur