I. Nonce, 23 février
puis d'échapper au juste arbitrage de Sa Sainteté, et enfin de mettre en appréhension tous les princes du monde et de les rendre hostiles à la France K «
L'invention de cette échappatoire coïncidait avec une phase nouvelle de la politique espagnole. Après un trop long séjour à Madrid, pendant lequel Buckingham et Olivarès avaient fini par se haïr mortellement, Charles d'Angleterre, considéré d'autre part avec horreur par l'infante espagnole comme un prince hérétique, avait été non seulement désabusé de son roman, mais fixé sur l'inanité du rêve paternel qui prétendait donner comme conséquence au mariage du prince et de l'Espagnole la restitution des États du Palatin. Charles partit le 5 septembre pour Santander, laissant au comte de Bristol, ambassadeur d'Angleterre, une procuration pour l'infant don Carlos, qui devait épouser sa sœur au nom du prince. Au lieu de faire usage de cette procuration, l'ambassadeur était obligé quelques mois après de partir après qu'on eût « mis en sa main toutes les bagues que le prince de Galles avait présentées à l'infante et trente-six lettres encore toutes cachetées que ledit prince luy avoit escrit en diverses occasions et qui avoient esté ainsy conservées sans avoir esté leues ny seulement ouvertes ^. »
Le gouvernement anglais, voyant le Parlement se déclarer formellement contre le mariage d'Espagne et l'opinion publique se prononcer avec vivacité en faveur du rétablissement du Palatin par les armes, se tourna, par une évolution naturelle, du côté de la France, et le projet, déjà fort ancien, du mariage avec Madame Henriette, fut remis sur le tapis. Marie de Médicis avait particulièrement à cœur cet établissement pour sa fille; les anciens ministres y avaient travaillé, mais sans réussir; les nouveaux trouvèrent l'afliaire dans des conditions beaucoup plus favorables que jamais. « On commence à traiter ici de Madame, sœur du roi, écrit