Nonce, 19 mars
2. Nous avons trouvé, à Rome, à la bibliothèque de la Minerve, un curieux manuscrit (X, V, 36), intitulé : Brevis eoruji descriptio qu.e IN Anglia adversus catholicos gesta sunt a ruptis cum Hispano con- JUGii fœderibus et cum Gallo iniri cœptis, per Marcum Antonium de G. CUM IN Urbem rediisset, su,e sanctitati fideliter representata,
POSTQUAM LoNDINI ANNOS TRES ET OCTO MENSES POSUISSET. En VOici
l'analyse pour ce qui touche à notre sujet : une grande liberté avait été laissée aux catholiques; les emprisonnements, les amendes avaient été suspendus « puritauis freniim situm mordentibiis » ; des principes de tolérance avaient été posés dans un certain nombre de décrets : — ic- décret : L'exercice de la religion catholique romaine sera toléré à perpétuité « inira privatos parietes » dans tous nos royaumes et domaines, c'est-à-dire aussi bien dans le royaume d'Ecosse et d'Irlande qu'en Angleterre, comme il est spécifié et déclaré dans les articles du traité du mariage. On tâchera d'obtenir l'assentiment du Parlement. — 2e décret : Le roi impose à ses conseillers une formule secrète de serment, par laquelle ils s'engagent à observer, en ce qui les concerne, les articles du traité relatif au mariage qui touchent à la religion , et à n'exécuter aucune des lois contre les catholiques. — 3" décret : Le prince de Galles s'engage à laisser, suivant le traité, l'éducation des enfants à leur mère jusqu'à l'âge de dix ans et à obtenir de son père, ou s'il devient roi, à accorder une prolongation de cette éducation par la mère jusqu'à douze ans, suivant le désir exprimé par le Saint- Père. Il s'engage à tâcher d'obtenir la ratification du Parlement. — 4» décret : Le prince de Galles s'engage à favoriser, au moins secrètement, l'assistance aux offices divins, dans la chapelle de la princesse, des sujets catholiques de l'Angleterre qui désireraient y venir; il s'engage, comme il est porte dans tous les autres décrets, à tâcher d'obtenir la ratification des articles du mariage en faveur des catholiques et l'abrogation des anciennes lois portées contre eux. « Hcec omnia sancte jiirata Régi, priiicipi, Cantiiariensi prœsHÏi cœterisque a consiliis regiis, robiir et finnitatem inviolabilem obtimiisse cre-
ployait en leur faveur et représentait à Louis XIII qu'il ne pouvait pas laisser croire au monde que les intérêts de l'Espagne étaient inséparables de ceux de la religion. Le roi se trouvait vivement touché de cet argument, qui ralentit pendant quelque temps les négociations. Les ministres n'avaient point la hauteur d'esprit ni la dextérité nécessaires pour faire à la fois dans l'esprit de Louis XIII la part du sentiment religieux et celle des nécessités politiques. Dans toutes les affaires, La Vieuville était hésitant, mystérieux, maladroit. On ne savait si l'on enverrait ou si l'on n'enverrait pas un résident en Bavière, auprès du nouvel électeur *, si l'on accueillerait ou si l'on renverrait Mansfeld, qui se préparait à se mettre au service de la France et de ses alliés, dans le cas où le gouvernement de Louis XIII serait prêt à recommencer la partie contre la maison d'Autriche -. On voit, d'après les dépêches du nonce, le peu de fond que l'on pouvait faire, pour une action énergique au dehors, sur ce nouveau gouvernement. « En somme, écrit-il, mon opinion est que, si les affaires de la Valteline s'accommodent le plus tôt possible, il n'y aura plus d'occasion pour que la paix soit troublée, parce que le marquis de La Vieuville et les autres ministres n'ont qu'une ambition : c'est de montrer au monde que ce que le chancelier n'a pu faire en quatre ans, ils l'ont terminé en quatre mois; et, quand ils auront atteint ce but, ils retourneront à leur nature, qui est d'accumuler de l'argent pour le roi et de ne point s'embarquer
debantiir. 0 — Charles d'Angleterre^ » a]i tœdio victus, an sponsionis pertœsiis, an fato compulsus, » revient en Angleterre, et la persécution reprend. Le Parlement prie le roi de laisser s'exécuter les anciennes lois dans toute leur rigueur; les prêtres sont chassés. C'est sur ces entrefaites qu'ont lieu les premiers pourpalers pour le mariage du prince de Galles et d'une princesse française. On répand en France le bruit que les catholiques anglais sont tous pour l'Espagne et qu'ils feront tout pour empêcher le mariage de France. — Nous reprendrons plus loin, au fur et à mesure des besoins de notre récit, l'analyse de ce petit mémoire.