Nonce, 6 avril 1624. Voir aussi la dépêche du 22 mars
dans des affaires au milieu desquelles leur autorité se trouverait amoindrie par suite de la nécessité de donner des emplois à d'autres \ »
Pendant que La Vieuville et ses collègues, dépositaires si jaloux du pouvoir, l'exerçaient avec moins d'habileté et même de résolution que leurs prédécesseurs, le pape tranchait la question de la Valteline d'une façon peu conforme aux intérêts de la France. Au commencement de mars, Urbain VIII fit voir à l'ambassadeur de France les articles qu'il avait établis et qui comportaient les conditions suivantes : démolition des forts de la Valtehne, restitution du pays aux Grisons, concession du passage aux Espagnols pour aller d'Italie en Allemagne, interdiction pour les Grisons d'entrer en armes sur le territoire de la Valteline. Le commandeur de Sillery donna son adhésion personnelle à l'ensemble de ce compromis. Comment fut-il accueilli à la cour de France ?
« Je parlai hier soir, écrit le nonce, à M. le garde des sceaux et à M. le marquis de La Vieuville, et j'exprimai ma joie de voir une affaire aussi fastidieuse enfin arrangée par l'arbitrage de Notre Seigneur; je me mis aussi à louer M. le commandeur de Siller}' de l'habileté avec laquelle il avait su faire disparaître une cause de si grands troubles pour le monde, conserver au roi sa réputation, affranchir les princes d'Italie; j'ajoutai bien d'autres choses, que le temps, qui me presse, ne me permet pas de développer plus longuement. Mais, quand ils eurent vu l'article relatif au passage, ils se prirent d'une solennelle colère contre l'ambassadeur, disant qu'il s'était permis de laisser modifier les premières conditions de Sa Sainteté, sans leur ordre; que l'on accordait aux Espagnols ce que l'on savait bien qu'ils désiraient au mépris de la France ; car on leur concédait non seulement la fiiculté de sortir d'Italie, mais celle d'y rentrer; du reste,