‹ RichelieuChapitre 2 sur 196 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

au premier rang le vieux chancelier Brùlart , serviteur dévoué de Henri IV, homme d'affaires consommé, habile, mais intéressé ; secondé par son fils Puisieux, héritier de son caractère et d'une ambition qui n'a guère de scrupules, il essaye de gagner le roi en lui rendant la vie et l'exercice du pouvoir fliciles, mais au détriment de la réputation et des intérêts mêmes de la France. Ils tombent pour avoir trop sacrifié aux côtés faibles de l'esprit de Louis XIII et à leur propre amour du repos, la passion très profonde pour la ''^loire et pour la grandeur qui animait ce prince apathique et en somme incapable par lui-même. — Le surintendant La Vieuville, qui provoque leur disgrâce et qui en recueille le bénéfice, ne réussit pas mieux qu'eux ; esprit sans suite, plus propre à l'intrigue qu'au commandement, beaucoup moins rompu que ses prédécesseurs au maniement des hommes et des choses, il tombe d'une chute encore plus lamentable que les Brûlarts.

Aucun de ces personnages qui tour à tour l'emportent dans les conseils de Louis XIII de 1621 à 1624 ne présente un de ces caractères puissants dans le bien ou dans le mal qui impriment à l'histoire d'un règne ou d'une époque une marque ineffaçable. Aussi ne les connaît-on guère.

Cette étude aurait toutefois atteint son but, si nous avions réussi à montrer que les trois années pendant lesquelles se succèdent, ces ministres ne sont pas indignes d'attirer l'attention de l'histoire au moins érudite, et si nous avions pu donner une idée nette du rôle de ceux-ci, de leur influence , des causes qui ont rendu la prédominance de chacun d'eux instable et éphémère. Entre Luynes et Richelieu, la France a vécu; comment l'a-t-on fait vivre ? Comment ses intérêts ont-ils été défendus à l'extérieur, au commencemeut de cette grande lutte engagée par les deux

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branches de la maison d'Autriche pour la suprématie politique en Europe , non moins que pour l'asservissement des consciences, la guerre de Trente ans? Comment les. ministres ont-ils su concilier le légitime souci de la paix et de la sécurité à l'intérieur avec le respect dû à Tautûrité royale et avec l'intérêt suprême de l'unité morale et matérielle du pays? Telles sont les questions que nous nous sommes posées et qui ne sont pas en elles-mêmes indifférentes.

Il ne faut pas oublier en effet que, pendant les trois années dont nous entreprenons de raconter l'histoire, se sont accomplis ou préparés de grands événements ; une guerre civile qui mène le roi dans l'extrême midi de son royaume et qui remet sous son autorité de nombreuses places, parmi lesquelles Montpellier et Nîmes, occupe une année presque entière. L'usurpation de la ^^^lteline par les Espagnols donne lieu à des négociations qui aboutissent à la formation d'une alliance entre Paris, Venise et Turin. Dès lors la France est engagée dans la voie où elle se trouvera un jour f;ice à face, les armes à la main, avec la maison de Habsbourg, comme le champion de la liberté et de l'équilibre en Europe. Le mariage du prince de Galles avec une infante espagnole semble sur le point de se conclure et se rompt; la diplomatie française va pouvoir fliire d'une fille de France une reine d'Angleterre; les puissances protestantes de l'Europe, la répubUque des Provinces-Unies, les cantons helvétiques, le Palatin déchu, Mansfeld, l'infatigable épée de la cause , tournent vers la France leurs regards et réclament son assistance.

Nous sommes entrés dans de grands détails sur toutes les négociations relatives à ces différents objets, et nous erpérons que l'on trouvera dans les documents dont nous

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