Ambass. vénit., n° i5, 24 déc. 1Ô
reprendre une partie des biens de celui-ci. D'autres ajoutaient que le roi, en lisant l'inventaire, avait pris note d'une quantité de joyaux et de perles, en particulier, qui appartenaient à la reine mère et à la couronne, et qu'il avait été indigné de cet accaparement dont il n'aurait pas eu connaissance '. Ce qui donnait créance à ces rumeurs, c'est que le secrétaire du connétable avait été mis en prison. Le commissaire instructeur ayant fait savoir au roi qu'on ne pouvait poursuivre la cause sans porter atteinte à la mémoire du connétable, Louis XIII avait, disait-on, répondu de passer outre et de faire justice. Il se trouvait cependant, en fin de compte, que l'on ne touchait point à la fortune du connétable et que son secrétaire obtenait une abolition du roi, par l'intercession, il est vrai, du prince de Condé, au dire des malveillants, et moyennant une forte somme .
Loin de vouloir maltraiter la mémoire du connétable ou nuire à ceux qu'il laissait après lui, Louis XIII était entré dans une violente colère contre le chapitre de Tours, qui avait fait difficulté de laisser reposer dans la cathédrale le corps du duc de Luynes à son passage ^ Informé des contestations soulevées entre le duc de Chaulnes, désigné par lui comme tuteur du jeune Luynes^ et le duc de Montbazon, qui, soutenant que l'on avait fait tort à sa fille, revendiquait pour lui-même le titre donné à Fonde, Louis XIII s'était déclaré tuteur de l'enfant. Il lui confirma le gouvernement de la Picardie '^ et la plupart des offices de son père ; et, s'il mit les places fortes de ce gouvernement entre les mains de capitaines dont il était sûr, il nomma cependant le duc de Chaulnes Heutenant et administrateur de la province pendant la minorité de son propre pupille. « On raconte ouvertement, dit à ce propos l'ambassadeur vénitien, que le prince