Nonce, 23 février
traité à Milan entre le duc de Feria et les Grisons, et de l'ouverture par le cabinet de Madrid d'une nouvelle phase de négociations, dans laquelle il saurait évidemment se prévaloir des récents avantages en possession desquels il se trouvait désormais.
La capitulation particulière faite par le gouverneur de Milan avec les Grisons au milieu de janvier était conforme aux prévisions annoncées par la chancellerie du pape et les aggravait même'. Elle éteignait le droit de doniiniiun des Ligues grises sur la Valteline et posait la condition que les hérétiques ne pourraient y habiter. Au surplus, aucune stipulation n'obligeait les Espagnols à laisser les Valtelins hbres, à évacuer les forts et à laisser la vallée ouverte. Pendant que les articles de ce traité, qui livrait pieds et poings liés au gouverneur de Milan Grisons et ValteHns, persécuteurs et persécutés, parvenaient à la connaissance du roi de France, Phihppe IV, qui ne pouvait ignorer l'état des négociations engagées à Milan, se déclarait encore prêt à exécuter les conventions de Madrid. Il posait cette fois cependant une condition nouvelle : c'était que l'on s'entendît à Rome sur les questions concernant la religion. Les ambassadeurs de France et d'Espagne auprès du Saint-Siège seraient chargés des pourparlers relatifs à cet objet. Ainsi, tandis que la convention de Milan allait recevoir son exécution par le fliit du gouverneur de cet État, une nouvelle négociation dilatoire était sur le point de s'engager à propos du traité de Madrid, à l'effet de permettre au duc de Feria de consolider, avec l'aide du temps, les résultats de sa politique. Pour rendre plus vraisemblable cette comédie diplomatique, Giovanni Vivez, le principal artisan de toute l'intrigue , recevait ostensiblement du duc de Feria la mission d'aller à Madrid pour engager le roi Philippe IV cà ratifier son traité avec les Grisons et lui persuader qu'il