‹ RichelieuChapitre 52 sur 196 · Ambass. vénit., n» 33, i"' avril · texte numérisé non relu

Ambass. vénit., n» 33, i"' avril

Louis XIII étendait encore sa protection sur la maison du défunt connétable : le maréchal de Vitry ayant engagé une dispute de préséance avec le duc de Luxembourg dans le cabinet même du roi à Orléans et ayant bousculé le frère du duc de Luynes, le roi entra dans une vive colère, et il fallut l'intervention du prince de Condé pour arranger l'affaire et obtenir le pardon du roi en faveur du maréchal '. A l'égard de la maison de Guise, le roi se mit au-dessus des susceptibilités que pouvait faire naître la riche alliance qu'elle venait de contracter. Le duc de Guise taisait le mécontent; il refusait d'accepter le gouvernement de la Guienne, se montrant peu satisfait des conditions auxquelles Louis XIII aurait voulu subordonner la concession à son fils, un enfant, des bénéfices du feu cardinal de Guise ; le roi lui avait imposé de payer les dettes du cardinal et de s'abstenir d'entrer en jouissance des revenus de ces bénéfices avant que le prélat imberbe eût atteint l'âge de vingt-cinq ans ^ ; et^ peu de temps après cependant, le duc de Guise obtenait sans conditions pour son fils cet opulent patrimoine ecclésiastique.

Ainsi, de tous ceux qui se disputaient la faveur royale, la reine mère était évidemment la moins bien partagée. « On est vis-à-vis d'elle en grande défiance, » écrit l'ambassadeur vénitien. Elle s'attachait d'une manière importune aux pas du roi, qui s'arrangeait toujours de manière à la devancer; ne pouvant lui parler, elle écrivait aux ministres^ suivant Richelieu, de longues épîtres dont on faisait fort peu de cas. Le cardinal a peine à dissimuler le peu de crédit

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