‹ RichelieuChapitre 53 sur 196 · Ambass. vénit., n" 33, i^' avril · texte numérisé non relu

Ambass. vénit., n" 33, i^' avril

2. Nonce, 21 sept. i()2i. « // duca di Gui sa fa gagliarde instance fer liaver la vacan:;a del morto cardinale suo fratello in petto d'un suo figliiiolo di () anni. Il re fa carico di conscien^^a l'accumular tanti benefitii in una testa d'un fanciullo cosi tenero, ma particolarmente di conferirli Varcivescovato di Rens, et Vabbatia di Clugni, ma non vorrebbe in qticsta occasione disgutare il duca ; pero m'ha fatto dire clïavvisi V. S. IH''^ che tenga mano che N. S. non si mostri facile in concederne la dispensa et vorrebbe che questo suo pensiero non fosse penetrato. »

dont elle jouissait. La reine mère laissée de côté, le prince de Condé en possession des bonnes grâces du roi et pourvu d'un commandement supérieur sur l'armée en qualité de lieutenant-général, tel est l'état des choses à l'ouverture des hostilités contre les huguenots. Cette situation, si avantageuse pour le prince de Condé, devait se modifier sensiblement pendant le cours même des opérations militaires, dont l'arrivée du roi à Nantes après un voyage qui ne dura que huit jours depuis Blois (30 mars — 10 avril 1622) donna le signal.

Il n'entre pas dans le cadre de notre étude de relater en détail les faits d'armes accomplis par Louis XIII dans les régions qu'il avait déjà parcourues l'épée à la main, l'année précédente^ et où il avait décidé de poursuivre avec une énergie nouvelle l'œuvre monarchique dont l'inspirateur principal avait succombé à ses côtés en 1621. Nous devons rappeler toutefois les principales étapes de cette campagne, qui fut menée avec autant de vigueur que de succès. Après être descendu de Nantes vers le littoral par Vieille-Vigne (12 avril), Legey (13 avril) et Chalans (14 avril), Louis XIII remporta en personne, à la tête de ses gardes, une victoire complète sur le duc de Soubise dans l'îlot marécageux de Riez (15 avril) ; de là, par Saint-Gilles-sur- Vie, Aspremont (18 avril), Aizenay (19 avril), La Roche-sur- Yon (20 avril), Sainte-Hermine (21 avril), Fontenay-le- Comte (22 avril), Niort (23-27 avril) et Chisay (27 avril), il se dirigea vers Saint-Jean-d'Angély, sa précieuse conquête de l'année précédente, et il en franchit les murs récemment rasés, en enfonçant, par un geste plein d'émotion, son chapeau sur ses yeux ; de là, passant par Saintes, il assiégea et prit Royan (7-1 1 mai), et, suivant son chemin par Mor- . taigne (16 mai), Mirambeau (17 mai), Montheu (18 mai), Guitres (20 mai), il pénétra dans la Guyenne, entra à Saint- Emilion, puis à Castillon (22 mai), et reçut la soumission de Sainte-Foy (25 mai), révolté en même temps que Mon-

heur en 1621 et que lui rendit cette fois-ci M. de La Force. Louis XIII arriva ainsi par Monségur (28 mai), Marmande (29 mai), Aiguillon (30 mai), Pont-Sainte-Marie (31 mai), Agen (ie''-2 juin), et Moissac (4-6 juin), en vue de cette funeste place de Montauban, dont les murailles debout bravaient encore sa souveraineté ' .

En « volant par le chemin )i, suivant l'expression d'Héroard, Louis XIII avait fait preuve de sang-froid, de bravoure ; il avait exposé sa personne à Riez et à Roj^an, causé des terreurs à son médecin et fait l'admiration du vaillant Bassompierre. Il semblait bien, à ce moment encore, sous l'influence du parti de la guerre ; l'ascendant du prince de Condé paraissait l'emporter de plus en plus sur celui de la reine mère. Aussi l'ambassadeur vénitien écrit-il : « La reine mère a fait volte-face et suit le chemin de Fougues et de Nevers, afin d'y prendre des bains médicinaux^ vu le triste état de sa santé ; on croit que de là elle rattrapera le roi ou qu'elle ira à sa rencontre dans le voyage qu'il doit faire à Lyon. Et cependant le prince réalise de toute foçon son désir de tenir Sa Majesté éloignée de son fils ^. »

Y avait-il donc un nouveau duc de Luynes auprès de Louis XIII ? Différents incidents pouvaient au contraire faire prévoir dès ce moment que M. le Prince, n'ayant pas le tempérament de l'ancien connétable, et aspirant cependant à l'autorité que celui-ci avait possédée, serait déçu dans ses espérances. Le prince de Condé était un esprit absolu, entier, incapable des ménagements que le duc de Luynes avait toujours apportés dans l'exercice d'un pouvoir presque souverain. Condé se plaisait à heurter violemment et l'opinion de ses compagnons d'armes et celle des ministres de robe ; il n'hésitait pas à contrecarrer le roi en per-

1. Voir Relation journalière de tout ce qui s'est faict et passé en France et pays estrangers depuis le départ du roy de sa ville capitale de Paris jusques à présent. (Bibl. Instit., X, 465.)

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