I. Bassomp., t. III, p
l'usage constant, en pareil cas, de tous les hommes de bureau, à toutes les époques et sous tous les régimes possibles. Puisieux en était venu, comme le lui reprochait aigrement le prince de Condé, « à faire des négociations à part sans les communiquer aux autres ministres, et, quelque résolution que le roi eût prise avec son conseil, il n'en était rien mis en exécution, s'il ne l'avait précédemment approuvée. » La situation avait donc bien changé depuis le moment où les ministres subalternes s'effaçaient derrière le prince de Condé.
Nous n'avons pas encore à apprécier ce qu'il y eut de bon ou de mauvais dans la direction imprimée dès ce moment par le marquis de Puisieux aux affaires de l'État ; mais nous devons constater que son influence est prédominante à partir de l'arrivée du roi en Guienne, et que la question de gouvernement est, pour un temps, résolue à son profit. Ce fut cependant une singulière aberration de la part du prince de Condé de supposer qu'il y eût dans ce ministre d'affiiires l'étoffe d'un favori; et, lorsque, pour lui faire échec, il s'adressa dans la chapelle d'un couvent de Moissac, flanqué du cardinal de Retz et de M. de Schomberg, au comte de Bassompierre pour décider ce dernier, qui était bien vu de Louis XIII, à tenter l'aventure de se faire prendre pour favori, il s'attira cette mordante répartie « qu'un prince ne prenait pas de favori par arrêt de son conseil '. » Louis XIII, qui fut informé de cette intrigue par Bassompierre, ne pardonna pas au prince de Condé une tentative humiliante pour son amour-propre et contraire à sa dignité.
Louis XIII ne recommença pas la faute du siège de Montauban; mais il contourna la ville à distance et l'isola en faisant tomber les petites places qui l'entouraient ou qui en protégeaient les approches : Albias (8 juin) ; Négrepe-