‹ RichelieuChapitre 7 sur 196 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

solée est placé un buste de lui sculpté par Algardi. Ses traits nous ont été aussi conservés par un portrait de grandeur naturelle, peint par Sustermans et qui figure actuellement dans la galerie Corsini à Florence.

Ottavio Corsini est un correspondant prolixe et zélé ; il se prodigue avec exagération dans ses lettres au Saint-Siège et dans les copieux mémoires, qu'il ne néglige point, à chaque occasion importante suivant lui, d'adresser au roi de France ou à ses ministres. Sa volumineuse correspondance nous fournit des détails précieux, des renseignements neufs, dont l'importance n'échappera pas à ceux qui nous Uront ^

Les lettres de l'archevêque de Tarse trouvent un complément naturel dans les dépèches que lui adresse la secrétairerie d'État du pape. Elles ont été rédigées, au nom du cardinal neveu Ludovisi, par le secrétaire Agucchia, archevêque d'Amasie, prélat de grande valeur, qui mourut nonce à Venise en 1631 2. Nous avons rapproché ces deux correspondances pour en tirer les lumières nécessaires à notre sujet, notamment en ce qui concerne la recherche de la pourpre par l'évêque de Luçon et la politique du Saint-Siège au commencement de la guerre de Trente ans. On y verra le contre-coup, souvent instructif, des intérêts temporels sur ceux de la religion.

1. Indépendamment du recueil en 4 volumes in-f°, qui existe à la bibliothèque Corsini de Rome, on trouve aux Archives des Corsini, à Florence, de très nombreuses lettres d'Ottavio, que l'inspecteur actuel de ces Archives, i\l. Ulderico Medici, est en train de rassembler et de coordonner, sous l'inspiration libérale et éclairée du marquis Corsini, actuellement vivant. Les détails relatifs au nonce Corsini, que nous donnons ici^ sont extraits des papiers de ces archives.

2. Registro di lettere di vions'^ Agucchia scritte per il card^' Ludovisio in riposta a mons'^« Corsino nitntio in Francia nel pontificato di Gregorio X\'. Copie manuscrite de la bibliothèque de la Minerve, X, VI, iG, Ï-.

x introduction

2° L'ambassadeur vénitien Giovanni da Pesaro '. — Giovanni da Pesaro, fils de Vittore da Pesaro, fut le personnage le plus illustre de cette noble maison vénitienne. Etant encore enfant, il tomba dans la mer, du haut du palais de sa famille, situé à Santa Maria Mater Domini ; il échappa au danger comme par miracle. L'imagination superstitieuse des Vénitiens vit dans son salut un signe prophétique de ses hautes destinées. La première fonction importante qu'il exerça fut celle de Sage de terre ferme ' ; il fut ensuite envoyé comme ambassadeur résident à la cour de Savoie en 1620, puis comme ambassadeur en titre à la cour de France en 1627, ensuite en Angleterre et enfin à Rome en 1630. Dans cette dernière ambassade , il se brouilla avec don Tadeo Barberini, neveu du pape Urbain VIIL En 1636, il alla comme ambassadeur assistant à la diète de Cologne, puis il fut Sage grand, Sénateur des Pregadi % Provéditeiir des confins '; le 24 juin 1641 il fut créé Procurateur de Saint- Marc -^ et Réformateui de V Université de Padoue.

\. .ifcliivcs de Venise. Senato. Sécréta, n"^ 56 et sqq.

2. Les Sages grands étaient des nobles qui traitaient toutes les matières qui devaient être agitées aux Pregadi ou au Sénat. Ils étaient six, et chacun avait sa semaine pour porter au Sénat le résultat des consultations. La république n'envoyait point d'ambassadeur à l'empereur, au pape, ni au Grand Seigneur, qu'il n'eût la qualité de Sage grand. Lés cinq Sages de terre ferme n'avaient guère moins d'autorité dans le collège que les Sages grands; car ils consultaient avec eux sur toutes les matières qui s'y traitaient et qui devaient être portées au Sénat. La République donnait la qualité de Sage de terre ferme à tous les ambassadeurs qu'elle envoyait aux rois et aux princes souverains.

3. Le Conseil des Pregadi, ou Sénat de Venise, émanation du Grand Conseil, discutait toutes les affaires qui concernaient la paix, la guerre, les alliances et les ligues.

4. Provéditeurs, gouverneurs envoyés dans les provinces avec un commandement absolu dans les affaires de la paix et de la guerre.

5. Les Procurateurs de Saint-Marc étaient commis à la distribution des grandes richesses laissées à l'Eglise de Saint-Marc et aux pauvres ; ils étaient les exécuteurs de tous les legs pieux, les tuteurs des orphelins. Ils étaient au nombre de neuf divises en trois procuraties ou chambres.

Page 1