I. Nonce, 14 octobre i
marches faites auprès de Condé sur le moment de son départ. A l'instant de monter à cheval pour Turin, le prince reçut une lettre du roi, l'informant de la paix universelle pour le royaume et l'invitant à retourner le plus tôt possible auprès de lui '. L'ambassadeur vénitien confirme ce détail, en disant que Ruccellaï ^ envoya un courrier au prince avec une lettre du roi pour le prier de revenir. La raison de cette démarche aurait été celle-ci : Schomberg ^, qui avait un intérêt personnel à ne point rester seul du parti de Condé, persuada à Louis XIII que l'action du prince paraîtrait singulière à tout le monde et contraire à la dignité du roi, puisqu'il partait pour n'avoir pas trouvé bonnes ses royales décisions. Les autres ministres appuyèrent cet avis. « Ils se complaisent, dit le Vénitien, dans l'espérance de faire durer avec plus de vivacité la division entre le roi et sa mère, afin de rester, eux, au miheu de ces dissensions, les véritables maîtres du pouvoir, et il est bien certain que le roi ne sera jamais qu'avec beaucoup de peine sous la dépendance entière, soit de sa mère, soit de son parent ''. »
Le prince ne se laissa point arrêter par la lettre envoyée à sa poursuite; il prit le chemin de l'Italie, où nous le retrouverons bientôt. Les motifs secrets de son rappel, tels qu'ils sont exposés par l'ambassadeur vénitien, nous laissent entrevoir qu'il ne laissait pas derrière lui une situation facile aux ministres demeurés maîtres du terrain.
Il nous reste à faire mention des clauses de la paix conclue