‹ Richesse forestière de la province de Québec [microforme]Chapitre 6 sur 22 · PE · texte numérisé non relu

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ceux du canton Dolbeau, l’on peut compter par milliers des cyprès mesurant de quarante à cinquante pieds de longueur et de sept à huit pouces de diamètre au petit bout. Le quai de Tikouapé, à St- Méthode, est fait presque tout avec des pièces de cyprès de quinze à vingt pieds de longueur et de huit à douze pouces carrés. Aux moulins des Escoumains, on a scié durant plusieurs années des billots de cyprès qui donnaient de bonnes planches qu’on exportait aux Etats-Unis. On en scie encore dans les moulins du lac St- Jean. Les dormants de cyprès sont de plus en plus recherchés et appréciés, au point qu’on peut maintenant les transporter en chemin de fer de Roberval à Québec, distance de 190 milles, et les vendre à des prix qui laissent une bonne marge au profit. Quand le cèdre viendra à manquer pour fournir les immenses quantités de dormants que demandent chaque année les chemins de fer, l’un de ses principaux succédanés sera incontestablement ce cyprès, que la Région du Nord pourra fournir durant longtemps.

Les belles épinières de la vallée du lac St-Jean ont été épuisées par les scieries de Chicoutimi, mais en d’autres parties de la Région du Nord, il reste encore joliment de ce bois. Le recensement établit qu'en 1901 il a été fait dans le comté de Chicoutimi-Saguenay 54,182 pieds cubes de pin et 1,217,000 pieds superficiels de billots de sciage.

Mais c’est dans le nouveau territoire d’Abitibi, depuis la ligne de faîte jusqu’à une cinquantaine de milles au nord, que le pin se trouve en plus grande abondance. Cette aire embrasse environ 6,500,000 acres de terrain, ce qui, à la minime moyenne de 50 pieds à l’acre, donnerait 325,000,000 de pieds superficiels. Le pin est dispersé sur tous les côteaux et ne peut s’exploiter d'une manière profitable que simultanément avec l’épinette ; mais il n’en existe pas moins et il pourrait même alimenter des opérations importantes dans les terrains élevés et secs qui environnent plusieurs des lacs.

Le cèdre est un autre bois qui se trouve en plus ou moins grande quentité dans la partie méridionale de la Région du Nord. Comme le pin, c’est dans le territoire d’Abitibi qu’il est le plus abondant. Le plus beau se voit autour des lacs et le long des rivières. Seulement dans la partie sud-ouest de l’Abitibi, il y a suffisamment de ce bois pour faire une vingtaine de millions de dormants, une couple

de millions de pieds cubes de bois carré de huit à douze pouces de face, sans compter de grandes quantités de pilotis, de poteaux de télégraphe, de piquets et de perches de clôture.

Des bois à feuillage décidu, le bouleau est de beaucoup le plus abondant dans toute cette Région du Nord. !1 y en a partout et en beaucoup d’endroits il occupe exclusivement tout le terrain. Jusqu'à présent le bouleau n’a servi qu’à faire du bois de chauffage et du bois à fuseaux ; mais le temps n’est peut-être pas éloigné où l’on finira par apprécier sa valeur comme bois d’ébénisterie et même pour la tonnellerie. Dans la forêt vierge, ou dans les endroits où il a poussé parmi les essences primitives, on voit beaucoup de ces arbres mesurant jusqu’à vingt et même trente pouces de diamètre, (1) d’une longueur suffisante pour donner chacun trois billots de treize pieds. A nord du lac St-Jean, notamment dans ! - partie inférieure de la vallée de la rivière Alex et des rivières Péribonka, il y a d’immenses quantités de ce gros bouleau, qui pousse dans les flancs de montagnes et les bons terrains élevés. Il y en a pareillement à plusieurs endroits le long de la rive nord du Saguenay. Mais, en aval de cette rivière, ce sont les forêts du cap St-Nicholas qui offrent le plus d'avantage à l’exploitation du bouleau comme bois de sciage et d’ébénisterie. Le havre de St-Nicholas offre toute l’accommodation désirable à la navigation et les forêts de gros bouleaux qui l’environnent pourraient fournir des beaux billots en quantité presque illimitée. Il y a d’aussi beau bouleau à l'extrémité ouest de la région qui nous occupe. Le long de la Mekiskan (2), dans le territoire d’Abitibi, il y a suffisamment de ce gros bouleau pour faire des millions de billots de sciage. Quand cette contrée sera rendue accessible par la construction des chemins de fer, ce bois fera tout probablement l’objet d’une exploitation considérable.

Le peuplier et le tremble sont aussi des essences très répandues dans la Région du Nord. Ily a des forêts remarquables de gros trembles entre la rivière aux Rats et la Mistassibi, dans la contrée du lac St-Jean. Ces arbres atteignent jusqu’à denx pieds de diamètre, mais la moyenne est de quinze à dix-huit pouces. Ce bois est

(1) Voir Rapport du Commissaire des Terres pour 1898, p. 104.

(2) C'est le nom sous lequel on désigne la À al lu fleuve Nottaway, comprise entre la ‘‘ hauteur des terres ” et le lac Me :gami. Le Dr Bell l’appelle aussi rivière ‘‘ Bell.”

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sain, remarquablement exempt de veines noires. et ferait des sciages de premier choix. Cependant le plus beau bois de cette espèce se trouve dans le territoire d’Abitibi, où il atisint jusqu’à trente pouces de diamètre et de cinquante à soixante pieds sans branches. 11 ya dans ces forêts assez de ces beaux arbres pour faire une dizaine de billions de pieds de planches qui pourraient être utilisées pour la meublerie et pour les caisses d'emballage. Ce peuplier pourrait aussi être utilisé pour la fabrication de la pulpe à la soude. Il n’y a pas d’endroit où cette industrie pourrait se Procurer sa matière première aussi facilement et à aussi bon marché, si ces forêts étaient rendues accessibles par la construction d’un chemin de fer descendant du sud au nord dans la vallée de la Mékiskan jusqu’au lac Mattagami. Æn ne prenant qu’une lisière de cinq milles de chaque côté du chemin de fer, on pourrait aisément trouver de 25 à 30 millions de corde” de ce beau peuplier.

Le .amarac, ou épinette rouge, est encore plus abondant que le peupliei. Les plus vieux arbres ont été desséchés par le fameux insecte (Saw-fly, Vematus Ericksonii) qui a répandu ses ravages dans toute cette Région du Nord ; mais ceux de ces troncs desséchés, qui ne sont pas encore atteints de pourriture, Pourraient être utilisés pour plusieurs fins, notamment pour faire des dormants de chemins de fer. Seulement dans le territoire d’Abitibi, il y a suffisamment de ce bois pour faire des millions de dormants. Dans tous les cas, les jeunes arbres, qui ont été Presque tous épargnés par le sinistre insecte, continuent leur croissance et fourniront avant peu d'années leur contingent de bois vert à l’industrie forestière.

Les chiffres suivants représentent une estimation très modérée des produits que les forêts de la Région du Nord peuvent fournir au commerce de bois :

Billots de sciage Pin blanc et rouge... ++... 325,000,000 pieds superficiels CPS ris ses +......10,000,000,000 ‘: “ 0 35,000,000,000 :«: “6 Peuplier....,... “rise +....10,000,000,000 ‘: DR diras rss iresc 10,000,000,000 :: ‘6

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Peuplier..... oltlene er Se ee. 100,000,000 «: 622,993,077 Dormants LES à PPS TE EU +....:320,000,000 morceaux D ri ieidtes +... 50,000,000 .

Dans le territoire d’Abitibi, le sapin fournira, en sus de ces quantités, plusieurs millions de pieds de planche pour les usages domestiques, à mesure que ce territuire se peuplera.

Les explorateurs ont constaté l'existence du merisier jusqu’à une cinquantaine de milles au nord de Betsiamites, à une égale distance au nord du lac St-Jean, où ils ont vu des arbres mesurant vingt-quatre pouces de diamètre et il y en a pareillement dans la partie sud du territoire d’Abitibi, ainsi que du frêne et de l’orme : mais ces différentes essences ne sont pas en quantités suffisantes pour en faire un article de commerce ; elles serviront aux usages domestiques, quand ces contrées seront coionisées.

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