CONCLUSION GÉNÉRALE
Quel beau et riche patrimoine que celui dont Cyrnos a été doté ! Toutes les beautés de la nature s’y trouvent synthétisées, depuis la « grâce ondoyante » des rivages jusqu’à la majesté des pics altiers, depuis le charme de la côte d'Azur jusqu’au grandiose des panoramas alpestres ; le climat offre aussi toutes les variantes ; et, enfin, une abondance de sources minérales que l’on retrouverait rarement ailleurs.
Et, pourquoi, ces trésors thérapeutiques restent-ils inutilisés ? C’est que la Corse est pauvre. Donnez-lui des capitaux, et elle mettra à votre disposition ses richesses naturelles.. Vous ne perdrez rien au change. Ce qu’elle réclame, c’est un peu plus de sollicitude de la part de la Mère- Patrie : une fois ses plaines assainies, ses voies ferrées achevées, ce département français, qui est aux portes de l'Italie et à 6 heures de Nice, verra affluer les touristes et surtout les malades.
Oui, quand la Corse commencera à sortir de la misère où elle végète si injustement, les médecins n’hésiteront plus à envoyer les malades en Corse, car ils y trouveront à peu dedistance tous les climats, toutes les températures, toutes les variétés d’eaux minérales.
Selon la nature de leur affection ils seront envoyés soit à Ajaccio, soit à Vizzavona, soit à la montagne, soit au bord de la mer ; et cela sans fatigue, sans déplacements longs, nicoûteux ; ils y trouveront ensuite l’eau minérale, qui leur est nécessaire. La Corse pourrait être de plus un
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point de halte pour tous les coloniaux, les marins, en somme tous les militaires qui viennent de nos colonies, affaiblis et anémiés, et dont les convalescences traînantes exigent souvent des soins longs et dispendieux. Notre Ile serait un séjour tonique et réparaleur pour ces rapatriés, qui pourraient passer une partie de leur convalescence en Corse ; ce serait en quelque sorte une halle qui servirait de transition entre le climat chaud des colonies et celui de la France.
M. Gaston Vabran, professeur à l’Académie d'Aix, espère mieux encore : « Si l’on tient compte que la Corse est située sur la route même des colonies dont les services maritimes passent au détroit de Bonifacio, que la vie, par sa simplicité encore fruste, est peu coûteuse, on voit que, par sa situation géographique et par ses conditions économiques, la Corse peut réserver aux anémiés des colonies une station favorable à leur rétablissement et en harmonie avec leurs ressources budgétaires.
« Vizzavona comme station de montagne, Orezza, Guagno comme stations minérales, sont pour le moment tout indiquées ; ce ne sont point les seules résidences à recommander. La Corse serait une escale de réacclimatation pour nos coloniaux. Ne pourrait-elle pas rendre le même service aux coloniaux des nations étrangères ? Il est un fait digne de remarque : c’est que la Corse est située en même temps que sur la route des colonies françaises, sur celle des colonies anglaises, hollandaises, portucaises, de toutes les puissances qui, sauf le Portugal, ne peuvent présenter dans la mère-patrie à leurs colons des pays tropicaux, un climat de transition, une station d’attente pour leur relèvement physiologique. D’après ces considérations, la Corse pourrait être désignée comme un emplacement de choix pour un Sanatorium international ».
On pourrait même édifier plusieurs de ces établisssments de convalescents : à Orezza, à Vizzavona, à Venaco, à Vivario, à Guagno, à Ajaccio et sur toute la côte orien-