‹ Rideau a huit heuresChapitre 15 sur 75 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

NOUVION

(// est assis devant une table chargée de papiers et Ut.) «■ Des maraîchers qui avaient entendu le coup de feu, se dirigèrent rapidement vers le lieu d'où le bruit de la détonation semblait venir. Ils virent un homme étendu à terre, et, en le relevant, ils s'aperçurent qu'il était mort. Une balle l'avait frappé à la tempe. Cette balle s'adaptait à un re-

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volver de petit calibre, que l'on ramassa à une vingtaine de pas de l'endroit où le cadavre avait été trouvé. Le revolver fut présenté aux divers armuriers de la ville, et l'un d'eux le reconnut pour l'avoir vendu récemment à une jeune femme qui disait vouloir l'acheter pour en faire cadeau à un de ses parents.

» Le jeune homme, tombé sous une main meurtrière, était le nommé Marcel Froissy, métayer h Gergat. On ne lui connaissait point d'ennemi, et le vol ne pouvait être le mobile du ciime puisque l'argent et la montre de la victime n'avaient pas été dérobés. Il y avait donc un autre motif. Marcel recherchait en mariage une jeune fille du pays, Arsène Réaux, appartenant à une famille de cultivateurs aisés, et dont la conduite était d'ailleurs exemplaire, d'après tous les témoignages qui ont été recueillis. Leur union devait avoir lieu prochainement, et rien ne paraissait devoir la contrarier. Toutefois on remarquait, depuis quelque temps, l'humeur triste et sombre d'Arsène. Jamais on n'eût songé cependant à la soupçonner d'un crime qui renversait tous ses projets d'avenir, si elle n'était venue s'en accuser elle-même. Après cet aveu spontané et formel, l'on essaya en vain d'obtenir d'Arsène une explication quelconque du mobile et des circonstances de l'acte. Elle se renferme dans le silence le plus absolu.

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