ACTE I, SCENE I
» L'aveu d'Arsène a été corroboré, d'ailleurs, par la déclaration de l'armurier qui l'a reconnue comme la jeune femme à laquelle il avait vendu le revolver.
» L'instruction n'a révélé aucune particularité. Il a été seulement établi que le meurtre a été accompli aux premières heures de la matinée; que Marcel n'avait pas couché chez lui à Gergat, tandis qu'Arsène, qui avait passé la nuit sous le toit de ses parents, dans ce village, arrivait dans une direction opposée au chemin suivi par son fiancé.
» Quels que soient les motifs de l'acte, aucun doute ne peut s'élever sur la culpabilité d'Arsène Réaux. En conséquence, elle est accusée d'avoir commis sur la personne de Marcel Froissy le crime de meurtre, avec les circonstances de guetapens et de préméditation, crime prévu par les articles 296, 297, 298 et 3o2 du Code pénal. »
L'acte d'accusation dans toute sa froideur et sa sécheresse! Qu'ajouter au surplus? Le fait est constant. La coupable avoue. Rien que l'on puisse invoquer pour elle, si ce n'est sa jeunesse et un passé sans tache. Mais ce sont des raisons de sentiment et non un moyen de défense, et où le découvrir dans cette obscurité complète ? Pauvre Arsène qui m'eût dit que je serais appelé à l'assister un jour, dans une telle circonstance 1
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