‹ Rideau a huit heuresChapitre 27 sur 75 · SCÈNE VII MADAME NOUVION, seule · texte numérisé non relu

SCÈNE VII MADAME NOUVION, seule

La misérable fille qui a tué mon beau Marcel ! Heureusement, elle en est bien punie elle-même. Elle l'a perdu du même coup qui me l'a enlevé ! Et elle aurait mon mari comme défenseur ! Non, il serait capable de la faire acquitter. Un avocat maladroit, sans parole et sans accent, qui la compromettra devant le jury, à la bonne heure ! Et puis, ce serait révoltant que ce fiât lui. Cela ne se peut pas, cela ne se peut pas !.. J'ai beau ne point aimer Henry, il y a des choses impossibles. Oui, je suis coupable, mais je ne suis pas sans excuse.

Est-ce ma faute si l'on a uni nos deux natures si profondément contraires, lorsqu'il m'était impossible de prévoir l'abîme qui les sépare, abîme~où je devais fatalement finir par tomber un jour. (Elle jelle les yeux sur un cahier place sur la table <lc travail de M. Nouvion.) « Théorie de i.,\ peine DE MORT. Premier fascicule: j octobre i885 », 7 octobre i885... le lendemain du Jour où nous nous sommes mariés, moi avec toutes les illusions de mon cœur et toute la fougue de mon imagination; lui méditant et dissertant sur la théorie de la peine de mort ! — Mon pauvre Marcel ! Ah ! cette Arsène, si je pouvais la broyer de mes inains ! Je la verrai, mais il faut que je me commande. Elle a tué son fiancé pour le punir de lui avoir donné une rivale; mais cette rivale, qui me dit qu'elle ne la connaît pas? Et alors, à quel accueil faut-il que je m'attende?. .

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