SCÈNE PREMIÈRE
ARSÈNE, seule.
Quel livre intéressant! Et combien le Directeur est bon de me l'avoir prêté. Jamais, avant d'être ici, je n'avais lu de récit pareil. [Elle lit.) « Les rt vo3'ageurs, en pénétrant plus avant dans l'île, » se trouvèrent en face du plus merveilleux spec- » tacle. Des arbres chargés de fruiis dorés, sous » lesquels les feuilles disparaissaient en quelque » sorte. Des perruches, des oiseaux-mouches vo- » letaient sans défiance et remplissaient l'air de » leurs petits cris. La température était délicieuse » et après la chaleur des jours précédents, l'on » était heureux de respirer librement. » [Fer-
6o ARSÈNE RÉAUX
mant le livre.) Comme je voudrais être h et jouir de ces merveilles! Ma pauvre Arsène, tu en es bien loin. Les murs d'une prison ; un morceau du ciel, au fond d'un préau ; c'est tout ce que tu peux espérer de la miséricorde des hommes, en attendant que celle de Dieu te rappelle à lui.