‹ Rideau a huit heuresChapitre 52 sur 75 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

ai dites la veille du jour où vous avez paru devant le jury: « Lorsque son verdict sera rendu, je serai votre juge à mon tour, et je connaîtrai votre secret. » Après les terribles émotions que vous avez traversées, je n'ai pas voulu troubler vos premiers instants de recueillement et de calme. Mais le moment est venu de dénouer cette situation mystérieuse qui, je ne sais pourquoi, m'obsède et m'irrite. Vous me devez la vérité et vous allez tout me déclarer.

Arsène.

Vous savez, Monsieur, que lorsque mon honneur et ma liberté, peut-être ma vie, étaient en jeu, je me suis refusée à parler, et malgré toute ma reconnaissance, sur laquelle vous pouvez compter, je ne puis faire encore aujourd'hui ce que vous me demandez.

NOUVION

Cependant, il le faut. Quand je vous interrogeais naguère sur les motifs et les circonstances de votre acte, c'était votre intérêt, celui de votre défense que j'avais en vue. Aujourd'hui, je veux savoir parce que j'ai besoin de savoir pour moimême. Déjà votre hésitation à m'accepter comme avocat pouvait me paraître suspecte. En vous obstinant à tout me cacher, vous finirez par donner de la consistance à des soupçons encore vagues, que j'ai peur de m'avouer.

Arsène.

De glace, ne diminuez pas votre générosité en cherchant à me contraindre. Mon cœur a aussi sa pudeur, et j'ai promis à la mémoire de Marcel de ne pas livrer le secret.

A quoi bon ces ménagements pour le souvenir de l'homme qui vous trahissait? Vous vous taisez. Je vais vous venir en aide. Le 8 juillet, au petit jour, Marcel Froissy sortait furtivement de cette maison, de la maison où nous sommes. Regnrdezmoi. Vous le savez. Osez-vous le nier?

Arsène.

Par pitié !

NouviON.

Et celle qu'il venait voir, votre rivale, pour laquelle il vous trompait, c'était [A part.) Ah

mon Dieu! faites que je dise vrai! (Hfl«/.) C'était une misérable fille que madame Nouvion vient de chasser pour un méfait semblable, Justine, sa femme de chambre.

Arsène.

Oh jamais! jamais!... Marcel n'avait pas cette bassesse de goiits ! Il était incapable de me don* ner une telle rivale.

Nouvion.

Mais alors qui donc? Malheureuse, par'ez ; je l'exige.

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