NOUVION, ARSÈNE, MADAME NOUVION
[Madame Nouvion est entrée pendant la dernière partie de la scène précédente.)
i A Arsène.) Laissez-noiis ; je vous revenai tout à riieure. (Arsène sort.) — (A Nouvion.) C'est avec moi que vous allez continuer cet interrogatoire, ou plutôt je vais vous épargner la peine de le poursuivre : M. Froissy venait ici pour moi. Nouvion.
Poui- vous ! (7/ fait un niouvcment vers elle.)
Madame Nouvion.
Je suis malade et sans forces ; ce serait une lâcheté d'user de violence. J'ai voulu, pour votre dignité même, couper court à cette encjuête. Tôt ou lard vous deviez apprendre la vérité. Vous la savez à présent. J'ai contre moi la loi, la morale, toutes les conventions hypocrites de ce monde. Nouvion.
Vous oubliez vo're conscience.
92 ARSENE REAUX
Madame Nouvion.
Ma conscience, c'est mon affaire. Je suis coupable. Usez de votre droit dans toute sa rigueur. J'y suis préparée. Si vous me faites un procès, je ne me défendrai pas, à l'exemple de votre intéressante protégée. Si vous demandez le divorce, je m'inclinerai. Cela vous regarde.
Nouvion.
Ah ! je comprends maintenant pourquoi vous poursuiviez de votre haine cette malheureuse créature que vous aviez poussée au ciime, et qui a eu la générosité de vous épargner, car elle avait votre secret. Je sais aussi pourquoi vous aviez tout mis en oeuvre pour m'empécher de la défendre. Ce n'était point par un scrupule de conscience, assurément. Vous en êtes bien capable, en vérité, mais vous craigniez, sans doute, qu'en cherchant à pénétrer les détails de l'affaire je n'arrivasse à vous démasquer.
Détrompez-vous. C'était bien l'odieux de votre position qui me révoltait. Laissez-moi au moins cela. Quant à moi, mon sacrifice était fait depuis le premier jour. Mais je veux vous dire, car cela est, que si j'ai failli, vous n'êtes pas innocent de ma chute. Vous n'avez pas compris votre femme, en rien, en rien ; vous n'avez senti ni ce que mon