‹ Rideau a huit heuresChapitre 63 sur 75 · SCÈNE III loS · texte numérisé non relu

SCÈNE III loS

Madame de Noas, Vous n'éprouviez pas le même embarras lorsque vous veniez, tout à l'iieure, me restituer, avec le volume, cette lettre que vous supposiez m'appartenir.

Il est vrai, mais je suis devenu flottant.

Madame de Noas.

Après tout, que dit-elle cette lettre mystérieuse ?

M. Dutalis.

Et le secret des lettres, que vous me rappeliez fort justement, madame?

Madame de Noas.

Il me semble, monsieur, que vous ne l'avez guère respecté... Enfin, comment vous aider? L'adresse était masculine ?

M. Dutalis.

Oui.

Madame de Noas.

Et l'écriture de la lettre, féminine ?

M. Dutalis.

Naturellement. Vous pensez bien, madame, que si cette lettre contenait des ordres donnés par un monsieur à son a2;ent de change de vendre des Rio-Tinto à la Bourse, la situation ne m'embarrasserait pas.

io6 LE GRIFFON

Madame de Noas.

Et une éciiture de femme du monde?

M. DUTALIS.

Mon Dieu, madame, toutes les écritures de femme se ressemblent, aujourd'hui que la calligraphie s'est démocratisée. Ma blanchisseuse écrit comme une sous-préfète; les mêmes jambages. Encore une fois, monsieur, que vous conseiller, lorsque je n'ai pas le moindre élément ? Une somnambule même ne s'en tirerait pas, M. Dutalis.

C'est juste, madame, veuillez accepter de nouveau mes excuses.

Madame de Noas.

(A part.) Quel original !

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