SCENE IV
M. DuTALis, à part.
Madame Morlimer!...
Madame de Noas.
Je l'avais oublié... [A Julie.) Julie, mes gants, mon chapeau... Monsieur, vous m'avez fait bien juger de vos sentiments; vous ne pouvez être indifférent au malheur des Inondés du Nil.
M. DUTALIS.
Je plains tous les inondés. Mais au collège on nous a appris que lorsque le Nil sortait de son lit (pardonnez cette expression familière), c'était un grand bienfait pour ceux qui se trouvaient sous l'eau.
Madame de Noas.
Il est possible qu'il en fût ainsi autrefois, mais il faut que cela ait changé puisqu'on a organisé un bazar de charité.
M. DUTALIS.
La raison me parait concluante. C'est peut-être la faute du canal de Suez. Madame, permettezmoi de vous offrir deux louis pour ces infortunés. Madame de Noas.
Grand merci.
M. DuTALIS.
Je vous prie, madame, n'ai-je pas entendu prononcer le nom de madame Morlimer ?
io8 LE GRIFFON
Madame de Noas.
En effet. Vous la connaissez?
M. DUTALIS.
J'ai connu un vieux colonel de ce nom; il était amputé.
Madame de Noas.
Ce n'est pas cela. Madame Mortimer, mon amie, est une jeune et jolie femme.
M. DuTALIS.
Elle n'a rien égaré ?
Madame de Noas.
Non, c|ue je sache. Que veut dire?
M. DUTALIS.
Pardonnez-moi, madame, je suis obsédé par une pensée fixe.
Avec tout cela, je n'ai pas retrouvé ma pauvre petite Lolly.
M. DUTALIS.
J'ai mon idée. Je lâcherai de vous la rapporter. Mais il faut au moins que je connaisse, pour faciliter mes recherches, le nom de l'aimable personne pour laquelle je serai trop heureux d'entrer en campagne.
Madame de Noas.
Madame de Noas.