SCÈNE VIII
Monsieur Dutalis.
C'est insuffisant. Il n'y a pas d'autre signe distinctif?
Julie.
Mais... Madame me renverrait si elle savait que j'en ai parlé.
Monsieur Dutalis.
Voilà un louis; compte sur ma discrétion.
Julie.
Lolly a le malheur d'être borgne.
Monsieur Dutalis.
De naissance?
Julie.
A la suite d'un accident.
Monsieur Dutalis.
Cela va faciliter les recherches; je ne pense pas que ce soit commun chez les griffons de qualité. Dites-moi, Madame de Noas est mariée?
Julie.
Oui, Monsieur.
Monsieur Dutalis.
M. de Noas est à Paris?
Julie.
Il est absent. Madame Pattend cette semaine.
M. Dutalis.
Et cette jeune dame qui était avec ta maîtresse, tout à l'heure ?
ii8 LE GRIFFON
Julie.
Madame Mortimer... Elle est veuve.
Ah... Et... Tiens, voilà encore un louis.
Julie.
Monsieur est vraiment trop généreux.
M. DUTALIS.
J'en ai donné autant pour les Inondés du Nil, de faux malheureux. Et la réputation de madame Mortimer?
JuLit.
Rien à dire. J'en causais encoie hier avec Fuivie, sa femme de chambre. Car le soir, entre nous, quand ces dames sont sorties, nous épluchons nos maîtresses. On a bien prétendu que M. de Noas poursuivait de ses galanteries madame Mortimer, mais il y aura perdu ses peines.
M. DUTALIS.
Je le crois aussi.
Julie.
Vous êtes donc instruit?
M. DUTALIS.
C'est une parole en l'air. Je retourne à la fourrière, et j'espère bien ramener Lolly.