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pauvres concitoyens souffrent encore! Voilà pourquoi ma tête a été et est encore sous le poi-
nard des lâches et des traîtres assassins ! A côté de cette haine implacable de nos persécuteurs, que n’avons-nous e fait par patriotisme et par respect à l'autorité ? Appelés contre une invasion de fénians, nous n'avons pas hésité à aller exposer notre sang pour le salut de la patrie, et, grâce à Dieu, nous avons pu mettre l’ennemi en fuite! Comment le gouvernement fédéral nous a-t-il récompénsés pour l’héroïsme de notre dévouement ? Nous avons subi un procès ! Mon brave ami Lépine fut condamné à mort!.. et moi !.. Je fus déclaré hors la loi!.. ma tête fut mise à prix!... Oh malice et ingratitude humaines ! Alors la question de l’amnistie fut
débattue plus fort que jamais ! Que de voyages!
que de sacrifices et de fatigues ! à infatigable archevêque de Saint-Boniface, ne vous êtes-vous pas imposés pour empêcher Lépine de monter sur le gibet! Malgré que toutes vos tentatives étaient frustrées par l’orangisme, vous ne persévériez pas moins à insister pour obtenir l’accomplissement d’une promesse qui vous avait été faite si solennellement !
Pendant ce temps-là, notre ami Lépine était entre la vie et la mort jusqu’à ce qu’enfin la peine capitale portée contre lui, fut commuée ea deux ans d’exil.
Quant à moi, je n’ai pas craint de montrer l'attitude que me dictaient le devoir et l'honneur, jusqu'au jour néfaste où on a statué et ordonné que pendant cinq ans je ne pourrais vivre sous le ciel de ma patrie !.. ma patrie que j'ai tant aimée !.. ma patrie que j'ai délivrée des bri-
e! Voilà us le poi- 8 ! A côté sécuteurs, me et par e invasion é à aller patrie, et, l'ennemi 1t fédéral e de notre cès ! Mon 1ort !.. et na tête fut itude hunistie fut voyages | nfatigable êtes-vous e monter tentatives ne persé-
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gands, des arpenteürs, des spéculateurs, des mains sales et dégoûtantes de la secte sanguinaire !.. ma patrie pour la défense de laquelle je fais, ainei que mes nobles et vaillants companons, un bouclier de mon corps pour la mettre À l'abri du plomb, des balles et de l'épée des fénians\ notre patrie sur l'autel de laquelle nous faisons aujourd'hui le sacrifice de partir pour un ciel étranger ! Ah ! vous tous, hommes politiques, à qui le peuple confie l'autorité pour son bien et sa liberté, comment nous traitezvous? Tous les chefs de nos ennemis, qui ont été les premiers à prendre les armes pour nous chasser de nos foyers et nous exterminer, qu'en faites-vous ? Ils étaient les vrais rebelles, des agitateurs, des agresseurs, des bandits, et vous les avez récompensés en leur donnant les meilleures situations. Quant à nous, pour avoir été de vaillants défenseurs de notre sol, pour avoir, dans l'intérêt de la Couronne, exposé jfsqu’à la dernière goutte de notre sang, vous voulez nous faire monter sur l’échafaud ou nous envoyer en pays étranger ! Oh ! laissez-moi vous dire qu’à mes yeux vous êtes de grands criminels et vous n'avez d'humain que l'apparence ! C’est pourquoi l’histoire vous couvrira d'infamie et de. honte, tandis qu'elle nous glorifiera! Parenteau, allez porter à ma patrie mes derniers adieux ! (/{s «onnent la main à Marguerite, Riel l'embrasse ; ils sortent, excepté Marguerite.)