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nuez encore à offrir à vos infatigables oppresseurs des preuves indéniablesde votre énergie indomptable, de votre courage invincible, de votre magnanimité incomparable, et je crois fermement que de telles dispositions ouvriront devant vous la porte des succès les plus brillants et des triomphes les plus beaux. Allez, bons et nobles amis, et apportez avec vous la certitude que la pensée et le cœur de vos compatriotes vous accompagneront partout où vous vous dirigerez et partout où vous vous trouverez. (1ls reçoivent Parenteau.)
PARENTEAU (# entre).—Vous partez douc, braves compatriotes. Pour le crime de nousavoir trop aimés, vos agresseurs pleins de fanatisme et de mensonge vous obligent de nous laisser !.. Eh bien !.. que la Providence guide vos pas dans les voies les plus sûres et les moins remplies de ronces et d'épines. Je vous serre la main pour la dernière fois.
RIEL.—Mon cher Parenteau ! Oui, enfin, nous A le sol de notre patrie! C’est la volonté
es potentats effrénés qui tiennent les rênes du pets à Ottawa ! Soyez mon interprète auprès
e mes bien-aimés frères, les métis canadiens français. Allez leur dire qu’avant de me séparer d'eux, je vous ai chargé de leur faire connaître toutes mes protestations contre la politique barbare et odieuse que le gouvernement d'Ottawa a adoptée et suivie jusqu’aujourd'hui par rapport au Manitoba et aux territoires du Nord- Ouest. Cette politique est une série des crimes les plus honteux, est assise sur une fourberie la plus tortueuse, sur une hypocrisie la plus effrontée et sur des mensonges les plus pervers ! Vous
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pouvez affirmer et démontrer à mes :1ers compatriotes que, dans la poursuite d'une politique aussi inhumaine, le miristère fédéral n’a eu qu’un but: c'est l’écrasement de toute une race. Quels sont les éléments qui l’ont poussé à réaliser un résultat aussi effrayant et aussi détestable aux yeux des peuples réellement imbus des principes d'humanité ? L'histoire impartiale dit que c’est le fanatisme protestant et la haine orangi::2, seccndés par l’ineptie qu l’avilissement des principaux chefs de la représentation canadienne française.
Que nos frères se rappellent, d’abord, les prétentions hostiles et arrogantes de tous ces avanturiers anglo-saxons et de tous ces orangistes, qui vinrent d'Ontario et d’ailleurs s’établir dans le Manitoba, les uns après les autres. Ces étrangere insolents se considéraient comme des gens
e race supérieure, s’imaginant que leur présence réduirait à néant tous les droits des métis et les plongerait dans l’esclavage! Tous nos compatriotes étaient traités nar cette tourbe mécréante comme des rebus de la société. Ce n'était pas assez pour tous ces êtres malfaisants de se faire les insulteurs des habitants respectables et paisibles de ce pays, ils ont cru qu'ils pouvaient se constituer les usurpateurs à® «a seule autorité légitime alors reconnue ! Cette usurpation les metteit en révolte cuverte contre Sa Majesté la reine d'Angleterre! N'importe ! Voulant s'affirmer dans leur révolution, ils ont eu l'incomparable audace d’arborer le drapeau de la république! Eh, bien! Les loges de l’orangisme, dominant dans la capitale de la Puissance, regardaient tous ces émigrants per-
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turbateurs de l’ordre public, comme les précurseurs devant préparer les voies à la venue et au règne de la plus infernale spoliation et de la lus cruelle extermination de la race métisse ! ous nos concitoyens sont convaincus de cette triste vérité. Veulent-ils démontrer aux autres tout ce qu’elle renferme d’horrible ? Qu'ils leur fassent analyser les faits, qu’ils leur montrent comment les a enchaînés la secte orangiste !
secte sanguinaire ! maudite par la civilisation et le christianisme ! Ils ont en belle de mettre à profit les preuves qui leur sont fournies par cette alliance faite entre tous les émigrés et les arpenteurs du gouvernement d'Ottawa ! Ils n’oublieront jamais, il n'y a pas de doute, comment ils se sont unis pour nous déclarer une guerre de vendales. Eh bien! qu'ils ne se figurent pas ue le gouvernement canadien ignorait tous ces orfaits commis dans le Nord-Ouest par tous ces émigrants et tous ces officiers spoliateurs et exterminateurs ! Oh, non! Qu'ils examinent de plus près la suite des événements : ils verront avec quel acharnement épouvantable le tigre orangiste, incarné dans le cabinet d'Ottawa, a fait descendre des hauteurs du pouvoir la trame ourdie pour la ruine de notre existence nationale ! Éroyent que la compagnie de la Baie d'Hudson avait pu réussir à nous livrer pieds et poings liés sous ses dents meurtrières, il a essayé de nous dévorer ; mais, par une résistance héroique, nous avons eu le bonheur de nous en échapper ! Oh, ciel! Pendant près d’un siècle, le gouvernement impérial d'Angleterre nous a abandonnés à la féroce rapacité et à la tyrannie incroyable des fonctionnaires de cette compa-
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gaie ! N’était-ce pas assez de persécutions ? Bien
ue mon vénérable por ait proclamé, au nom
u peuples la liberté da commerce, devant le tribunal despotique de tous ces aventuriers de la fière Albion, il nous a fallu encore être en butte aux coups terribles de l’orangisme, qui, voulant nous détruire et faire de notre patrie une terre anglaise, a eu l'appui et l'encouragement d’un certain protestantisme fanatique et d’une lâche défection ou d’une malheureuse impuissance de ceux appelés à défendre et honorer la race canadienne-française ! Ne pouvant s'emparer de nous au moyen d’un complot tramé dans l’ombre, comment le monstre orangiste va-t-il s’y prendre pour saisir sa proie et la tenir sans la perdre ? Jeté dans une fureur indescriptible par le spectre de Thomas Scott, il communique au ministère d'Ottawa son astuce et la rage de son instinct barbare contre tout élément catholique et français, et le détermine à avoir recours à un expédient politique flétri par l’histoire impartiale. Il dit au gouvernement: nous n'avons pu, comme nous voulions, réaliser nos plans dans le Manitoba et y anéantir la nation métisse; eh bien! faussons nos promesses par rapport à l’amnistie, retardons l’accomplissement des clauses du traité, de manière à contraindre les métis à laisser cette province, poursuivons-en les chefs jusqu’à faire tomber leur tête, et dirigeons nos exploits dans les plaines de la Saskatchewan.
Voilà pourquoi ces brigands politiques, perdant tout sentiment de dignité, trompèrent publiquement un archevêque aimé et respecté par tout le monde civilisé! Voilà pourquoi tant de nos