‹ Riel [microforme]Chapitre 37 sur 86 · SCÈNE Il · texte numérisé non relu

SCÈNE Il

DumonrT, OueiLerre, JACKSON et Ispesaur entrent.

Ruez.— Dumont ! c'est vous! comment êtesvous ainsi 1 nos amis Ouellette, Jackson et Isbester ? (/{s se donnent tous la main.)

Ma croix!

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DumonT.—Très bien, Riel, comme vous le voyez, et mes braves compagnons de voyage fe sont pas plus mal que moi. J'espère que madame Riel et vous, êtes en parfaite santé. (/{s donnent tous la — à Madame Riel, et réponses suivant l'usage.

RisL,— Plaise à Dieu ! nous ne sommes pas malades, et va sans dire que nous sommes très heureux de vous voir arriver ici.

OvueerTe.—Si tout allait bien, comme nous nous portons, tout le monde serait content.

MARGUERITE.— Vraiment, votre visite inattendue nous réjouit. Soyez les bienvenus et veaillez vous considérer comme chez vous, et agir en conséquence. (Tous s’asseyent, Riel et sa femme, déposent chapeaux et pardessus, etc.)

ARGUERITE.—Vous allez causer nn instant ensemble, pendant que je vais vous préparer quelque chose de chaud, pour vous réconforter un peu, en attendant le suuper.

Duxonr.—S'il vous plaît, mad. Riel, ne vous donnez pas de troubles. Nous accepterons ce que vous avez de prêt sous la main : il nous faut absolument partir ce soir.

RiEL.—Quoi ! Etes-vous sérieux ?

ManGuUBRITE.—V ous venez de trop loin, pur nous faire une si courte visite!

Ries.—Vous avez trop de choses à nous raconter pour que vous puissiez nous laisser si vite que cela.

Ouezserrs.—C'est vrai, Riel! mais nous Lab tout vous dire en bien peu de mots, et déjà vous devinez les raisons qui nous amènent

MARGUERITE.—Dans tous les cas, il vous faut

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prendre quelque nourriture et un peu de repos. Je ne vous ferai pas attendre longtemps, ensuite, j'espère que vous me laisserez mon mari! (Æ£lle sort.

ch se fait-il que madame Riel nous demande une telle faveur ?

RiEL.—C'est qu’elle vient de saisir les motifs qui vous conduisent ici. Quant à moi, je vois bien que vous êtes venus me chercher.

Dumonr.—Eh ! bien.. Oui! Riel. Nous venons vers vous implorer votre secours, voici la lettre officielle. (27 la passe à Riel.) Votre présence est absolument requise dans le Nord-Ouest. Vous êtes le père du peuple métis, dans le Manitoba. C’est vous qui avez établi, en 1870, les bases inébranlables sur lesquelles repose l'édifice de son existence nationale. Eh bien ! dans des districts plus reculés et surtout sur les bords de la Saskatchewan, il y a un autre groupe de la nation métisse, qui doit vous êtes aussi cher. Cette population lève les mains vers vous et vous appelle à grands cris pour la revendication de ses droits outragés, et pour une résistance efficace à l’extermination dont elle est menacée. Elle voit en vous, son libérateur, et vous attend avec impatience pour l’arracher des mains de ses implacables ennemis.

OUELLETTE.—Je comprends que madame Riel va tout naturellement prendre les moyens de vous retenir; mais, après tout, elle a un cœur noble et généreux, et finira bien par consentir à votre départ.

RiEL.—Mes bons amis! que voulez-vous que je fasse ? Je sens que j’appartiens à ma famille

dont je suis le seul appui.

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