‹ Riel [microforme]Chapitre 62 sur 86 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

(Au lever du rideau, un tableau représentant la prison de Regina, Riel traînant un boulet au talon et ayant les bras chargés de chaînes, une douzaine de geudarmes montant la garde et dont les trois prineipaux sont Campbell, Bowell et Caron.) ‘. une ee

Le GENDARME CAMPBELL (il marche).—Caron, vous n’avez pas l'air dans votre assiette aujourd'hui : Qu’avez-vous donc? pre se

Le GEnD. CARON.—Ma foi, le gouvernement devrait bien en finir avec ce traître, qui nous fait trouver les journées si longues. Garder un tel renégat donne des envies insurmontables de boire du rkum. En voulez-vous un petit coup, Campbell ? a

LE GEND. CAMPBELL.—Oui, buvez d’abord, ce sera mon tour ensuite.

LE GEND. CARON (it prend un coup à même de la bouteille).—Ah ! sd 4 ue que c'est bon! un, petit coup, c'est doux ! Tenez, Campbell, (4 lui passe la bouteille), ah! que ça fait du bien ! Les ministres d'Ottawa devraient en regurgiter un peu il y a là de quoi les mettre en train de nous

ébarrasser, au plus roupant, de notre ‘visionnaire. : : | CRE AU TE PA Le GEND. CAMPBELL (il ingurgite üne bonne dose).—C'est vrai, Garon, cette bonne liqueur leur donnerait un peu plus de ton: (/l'rémet la bouteille à Caron). ‘7°: : | $

LE GEND. CARON (en prenant la bouteille, il chante).--Encore un petit coup de pifén, pour . nous remettre à la raison (bis). ROUE G LE GEND. CAmPBELL.—Réellement, Caron, vous savez aussi bien boire qu’un honorable Cauchon avait la bonne manière de manger. Mais, écoutez, vous n’apprendriez rien à Sir John sous ce rapport-là. | ‘Riez (i/s’avance un peu en avant faisant entendre le bruit de ses chaïnes, il se met à genoux, les gendarmes le regardent tous).—Mon Dieu, je suis un pauvre pécheur ! Ayez pitié de. .moi, selon votre infinie miséricorde ! Pardonnez-moi mes

échés, comme je pardonne, à tous ceux qui me

nt du mal. Seigneur, je me. repose en vous:

soutenez-moi, sans cesse, au milieu de mon abandon et de mes souffrances, donnez-moi la force de boire jusqu’à la dernière goutte, le fiel de la haine inexorable de mes ennemis. (/ése lève et marche.) | 1

Le GEND. CAMPBELL.—Cessez vos lamentations, hypocrite.

Le

Le GEND. BoweLc.—Oh! ne nous: occupons donc pas des lubies de ce misérable !:

Le GeND. CAMPBELL.—Ce visionnaire. m’ennuie, parbleu !

Le Gen. Bowez.—C'est tout. son n plaisir, en attendant le jour de son égorgement. :

Le Gen. Campbezc.—Mais, quand donc, nos aristocrates animés de l'esprit britannique vontils le suspendre aux bras noirs de la potence ?

Le GEenD. BoweLz.—Bientôt, Campbell, car il a fait peur aux anglais.

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