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Taché a déclaré devant le comité de la chanbre des communes chargé d'examiner la question de l'aministie en 1874—je traduis de la version anglaise :
“Je suis venu à Ottawa au commencement de décerubre 1871. Sir George y est venu aussi et je l'ai vu alors ainsi que sir John. J'’ei eu plusieurs entretiens avec les deux, mais je m'en rappelle surtout un avec sir John ; c'était le 7 décembre, vers midi, dans son bureau ; je ne me souviens pas qui a commencé, mais il insista auprès de moi pour que je conseillasse à
iel de quitter le pays pour quelque temps, etil ajouta ces mots, autant que je m'en puis souvenir. “ Si VOUS POUVEZ RÉUSSIR A LE TENIR HORS DE LA ‘€ VOIE PENDANT QUELQUE TEMPS, JE FERAI DE SA CAUSE LA MIENNE ET J'ÉMPORTE- “ RAI LE POINT
Mgr Taché déclare encore que,dans une conversation qu'’ila eue avec sir George et sir John, ils lui ont dit qu’en faisant partir Riel, il était probable qu’ils obtiendraient un plus fort appui dans les élec. tions et qu'ils seraient ainsi plus en état d'accorder l’amnistie ; et ils ont ajouté que cette absence de Riel devait durer tout le temps de l'élection.
* Ceci prouve suffisamment que sir John n’agissait qu’en vue des élections alors.
Maintenant, les déclarations et les aveux de MM.Bellerose, Trudel et Amiyot justifient amplement ma prétention que, vu l’aveuglement antérieur de votre parti, vous éliez fondé à croire qu'il passer ‘it paräessus la pendaison de Riel comme il avait passé pardessus tant
. d'actes de scélératesse administrative desquels M. Trudel dit que le
parti conservateur les a approuvés de ses votes par entélement, méme contre l'évidence, même au mépris de toute justice et de toute morale, par pur aveulement causé par l'esprit de part. Vous avez cru que le parti conservateu r français était,comme je l’ai déjà dit, bernable à merci ; et je dois avouerfque, jusqu'au jour de l’'exécutior, l'attitude de tous les journaux ministériels français n’a pas peu contribué à vous maintenir dans cette dangereuse sécurité. A cette conflance aveugle que vous inspiraient à votre tour les complaisances criminelles antérieures de vos amis vous avez ajouté les intimidations scandaleules, abominables de cynisme que, sous forme d’articies de journaux, de suppliques dégoûtantes et de résolutions sanguinaires. la presse et les loges orangistes lançaient comme de rouges projectiles sur votre goirvernement. Car nous avons vu ce spectacle hideux, sans précédent dans les lugubres fastes des ignominies humaines, de gens, de chrétiens demandant, par requêtes à l'Exécutif, la mise à mort d'un homme sur qui pesait une sentence de tribunal, Et c’est à ces requêtes énouvantablement ignobles que vous avez obéi, L'espace me manque pour vous citer
toutes celles qui sont venues à la connaissance du public; mais je vais toujours vous en citer quelques unes. Voici ce que disait l’'Orange-Sentinel du 18 septembre dernier :
Donc, quelle que soit la conclusion à laquelle en arrive: 1e conseil privé sur les points de droits, la sentence judiciaire prononcée par le savant juge: doit être exécutée à tout événement.
Ainsi, aux yeux de vos amis les Orangistes, il n’y avait aucune décision du plus haut tribunal de l’Empire qui pût tenir devant la nécessité—préconisée ‘par les conservateurs orangistes—de pendre, coûte que coûte, Loris Riel. Absolument comme vous,
monsieur le minisi .le : me iournal disait le 29 octobre : Le sang de Thomas Scott "0 justice, et l’on voulait faire mettre à mort en 1885, pour un, .: + crime commis en 1869, un hom-
me amanistié pour ce fait en 1: °!Et vous vous êtes soumis à cette inique injonction. Le même organe des orangistes publiait le 10 septembre l’entrefilet suivant :
Un correspondant qui signe “ un membre de L. O. L. No 698, ” nous écrit de Popes Bay, et nous suggère que des démarches devraient être. faites avant les prochaines élections générales pour s'assurer des candidats aux honneurs parlementaires, l'engagement de favoriser l’incorporation de la societé Orangiste, Notre correspondant pense aussi qu’on devrait faire circuler des requêtes dans les comtés, les faire signer et les envoyer au parlement. C’est regrettable, ajoute-t.il, de voir que les catholiques romains peuvent obtenir de la législature toutes les lois qu'ils désirent, pendant qu’une sociétée loyale we peut obtenir d’être incorporée, On a fait beaucuup trop de dépenses pour le procès de ce vilain Riel. Le souvenir du meurtre atroce de ce pauvre Scott est encore frais à la mémoire du peuple du Canada, et s'il échappe encore une fois à la justice, il faudra tenir le poaense responsable de cela. Notre correspondant ajoute, que si
tiel n’est pas exécuté, les députés conservateurs perdront presque tous leurs partisans,
Lisons maintenant une ou deux résolutions des loges. Voici—j'emprunte mes traductions à la Patrie :
A une assemblée tenue à Dominion City, L.0. no 1449, le 22 septembre, il a été proposé par le fr. A. Scott, appuyé par le fr, A. C. Scott, et résolu : Que les membres de cette loge voient avec regret, qua le gouvernement, par le gouverneur-général, a accordé un sursis à l'archi-traître Louis David Riel, et qu’il prend des moyens pour détourner les fins de la justice, Nous refusons donc de supporter tout gouvernement ui permet à ceux qui sont impliqués dans la rebeliion du Nord ouest d'échapper à la peine d’une juste sentence,
La résolution suivante fut adoptée par la loge no 300, le 22 octobre : |
Résolu que les orangistes voient avec des sentiments de crainte et de regret la tournure que prend l'affaire de Riel. Condamné à étre pendu le 18 du mois dernier il est encore vivant, et.cela malgré les nombreuses vies qu'il a fait sacrifier et malgré les milliers de dollars qu'il a fâit dépenser au gouvernement, Nous recommandons fortement de repousser tout subter
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fuge ; aucun délai ne doit être accordé à celui qui a été condamné comme chef de la rébellion. Nous désirons aussi fortement quenos frères, dans tout le Canada, se joignent à nous pour empêcher tout outrage à notre Reine et à notre patrie, que nous sommes teuus de chérir et de protéger.
La loge 1334, de Fonthill, a résolu Le 12 octobre :
Les membres de cette loge déclarent qu'ils ne supporteront aucun gouvernement qui ne verra pas à ce que la justice suive son cours contre ceux qui sont les fauteurs des troubles du Nord-Ouest, et qu’ils le combattront à à la prochaine élection.
Les orangistes Ge Fenelon Falls, loge,no 996, déplorent aussi la tournure que prend l'affaire Riel Le rebelle a été condamné à être pendu le 18 septembre mais il est encore en vie ; il demande miséricorde ; nous espérons que cette prière ne sera pas accordée, mais que sa première sentence sera exécutée.
Je pourrais couvrir de nombreuses pages avec des citations ana pas
logues ; mais j'écris une courte brochure, et je n'ai ni le temps ni les moyens de produire un volume. C’est en face de l'apathie coupable de la province de Québec et de la fa’ ouche énergie des Or ?gistes d'Ontario, que vous vous êtes recue illis dans le cabinet ju faire le honteux calcul, ‘es supputations immonde: qui vo! on. fait donner Ja tête de votre frère à ‘a courtisane grotes”serni vous vend ses faveurs. Vous avez cru par là jouir encore it l'ai niment des lucratives et voluptueuses fainéantises de vo postes respectifs ; vous avez cru que désormais vous y pourriez ::iuter perpétuellement votre vénalité et votre présomption. Je me crois maintenant autorisé à vous dire qu'av 6 une pareille maculation sur la conscience, vous et ceux qui seront tentés de vous. appuyer de leur rapace bassesse, vous ne formez pas uu parti politique, vous êtes une compagnie d'exploitation illicite ; vous n'êtes pas des hommes d'Etat, vous êtes des flibustiers ; vous n'êtes pas les représentants de la nation, vous êtes les détrousseurs du peuple. Je n'ai plus rien à relever dans le reste de votre lettre ; vous y répétez ce que j'ai démoli.
Je le produis pourtant par conscience. Voiri :
Le vénérable évêque de St-Albert, Mgr Grandin, a dit que laconduite de Riel, peadant qu'il dirigeait l'insurrection, avait été odieuse et monstrueuse, et qu’il avait systématiquement persécuté la religion. Si c’est là le héros que l'on veut nous faire ‘énérer, je ne serai pas parmi ses admirateurs.
On veut aujourd’hui faire passer Riel pour un saint. Qu'il soit mort en bonnes dispositions, je l'espère, Dieu seul en est le juge ; mais nous n'avons pas à considérer comment il est mort, mais comment il a vécu ; or, sur cette dernière question, il n’est pas besoin que je me prononce moi-même.
Je n'ai qu'à citer le témoignage des missionnaires du Nord-Ouest qui, étant là sur les lieux, l'ont connu, ont pu juger de ses actes, de ses principes, d”
sa piété et de sa vertu, et certes il ns nous le donnent pas comme un sant.
A part les citations que j'ai déjà faites, voici d'abord la lettre collective des missionnaires de la région de Prince-Albert, datée du 12 juin 1885. On parait avoir oublié ce document important qui a pourtant été publié partout ::
“Prince-Albert, 12 juin 1886.
“Nous, prêtres des districts qu'affecte plus particulièrement la rébellion; savoir : St-Laurant, St-Antoine, Graindin, Lac aux Canards et Batocke puisque c’est là, au milieu de notre population, que Louis “David” Riel avait établi ses quartier-généraux, désirons attirer l'attention de nos nationaux du Canada et d’ailleurs sur ces faits.
“Louis “David” Riel ne mérite pas les sympathies de l’église Catholique Romane et des membres de cette Eglise, ayant usurpé notre mission de prêtres et privé notre population des avantages et des consolations que nous aurions pu lui offrir.
“IL a fait tout cela dans son intérêt purement personnel................,...…...
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“Signé : RR. Pères ANDRÉ
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L 4° FourMoND,
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Et le Père Fourmond, desservant Batoche même : “J'ai été bien près de ‘la mort, “car si les balles et la fureur des révoltés m'ont fait défaut, la ‘guerre, l’apostasie, l’hérésie, la persécution, l'incendie, le pillage, tout s'est “déchainé contre noùs ; on se serait cru à la fin du monde. Déjà nous “avions notre Ante-Christ dans la personne de ce fameux Riel, contre lequel “il nous a fallu lutter, au péril de notre vie, pour détruire sa funeste influence “sur nôs pauvres gens. ;
“Mon Dieu ! quel homme, quelle hypocrisie, quelle impiété tout à la fois ! “c'est pour cela qu’il a ruiné nos famille chrétiennes par le pillage et l'in- “cendie ; c'est par une conséouenre horrible de ses plans diaboliques qu'a “coulé le sang des blancs et celui des chers et zélés confrères; massacrés par. “les sauvages, sur ses ordres.” |
Ces témoignages si forts si accablants, suffisent à édifier tout homme de bon sens sur le caractère et la conduite de celui qui a entraîné ses œuvres, les Métis- dans les plus grands malheurs.
Pour condamner notre conduite, on pos e enprincipe qu'on ne punit plus de nos jours de la peine capitale les crimes de haute trahison. C’est là une maxime nouvelle aussi étrange que dangereuse contre laquelle s’insurge la justice, protectrice de la paix et de la sécurité des sociétés. Proclamer que la haute trahison, qui entraîne avec elle le meurtre, le pillage, la ruine des populations, ne doit pas être punie de mort, c’cst faire appel aux mauvaises passious des ambitieux, c'est provoquer la révolte en lui garantissant l'impunié. |
Prétendre sérieusement qu'un homine, 'conpable une fois de haute trahison ét de meurtre, gracié une fois et repris ensuite les armes à le main, doit coinpter d’avoir la vie sauve, c'est montrer une assurance que Riel lui-même n'a jamais eue, puisqu’en quittant le Montana il a déclaré que sa tète pouvait être le prix de là démarche qu’il entreprenait,
Cette doctrine de la miséricorde en faveur des criminels politiques ne saurait, même si elle était adraise, sa RLDer à celui qui de sang-froid déchaine sur ses compatrloies les hordes de tribus sauvages.
Qu'on ne vienne pas le justifier en disant qu'il avait foi dans sa mission, que sa volonté n'était pas criminelle puisque sa consciénce guidée par son esprit, ne lui reprochaït pas les actes effroyables qu'il a commis et fait commettre, Mais depuis quand est donc venue cett: doctrine étrange qu'on ne doit pas punir les fautes de l'intelligence ? Les fautes de l'intelligence sont plus criminelles encore que celles du cœur,